Omertà « Âmes Bleues » (Carton Records/Standard in-fi & Zamzamrec, 25 septembre 2026)
Will Dum25/09/2026
Omertà ne se tait pas, du jazz au free rock des années 1970 jusqu’à la musique pastorale il floute les cadrans et suspend le temps. Libre. Ses façonnages sonores adressés à l’esprit, incitant au voyage, prennent à nouveau forme sur ce troisième album nommé Âmes Bleues. C’est avec un Intermède, allez comprendre, que l’envolée se fait. Sur des tons paisibles, aériens, gentiment bruissant. D’entrée de jeu une atmosphère prend place, que Bleuité sertit d’un parlé-chanté aux mots évocateurs. De la retenue naissent quelques fissures, c’est le cas sur L’Étendue du lieu qui à son tour permet l’évasion. Omertà poste ses contours, impose de beaux détours. On n’en fait pas de prime abord le tour, il importe d’insister. Il fascine, Màzzulu au gré d’une fine et sombre étoffe en étend le champ lexical.
Avec Change le bridé tordu opère derechef, en volutes psyché. Brumeux et étiré, le titre implante Âmes Bleues et par extension, la méthode Omertà. Paranéa l’imite, dans l’économie de bruit. Enfin Anathème, au format trip-hop dirai-je, nacré, lo-fi et répétitif jusqu’à se cheviller, termine le tout en instrumental mental, assagi, au terme de sept plages introspectives et rarement incisives si ce n’est ça et là, dans les recoins et écarts qui parsèment l’ouvrage.