tatiana paris | thalle @ citizen jazz (fr)

Tatiana Paris

Thalle

Tatiana Paris (g, voc, synth modulaire, objets, divers), Rachel Langlais (el org)

Label / Distribution : Carton

6 septembre

Figure incontournable de la scène expérimentale française, la guitariste Tatiana Paris livre avec Thalle un deuxième album presque solo, dans la lignée de Gibbon. « Presque », car la claviériste Rachel Langlais vient lui prêter main-forte sur deux des neuf pistes du disque (Thalle 1 et Thalle 2), qui en forment le cœur battant.

Le thalle, qui donne son nom à l’album, désigne le corps végétatif non différencié de certains organismes immobiles. Comme les lecteurs de Citizen Jazz titulaires d’un doctorat en biologie se comptent probablement sur les doigts de la main gauche de Django Reinhardt, une petite clarification s’impose. Le thalle caractérise une forme végétale primitive (comme le lichen ou l’algue) dépourvue de racines, de tiges ou de feuilles. Sans organes spécialisés, chacune de ses cellules fait globalement la même chose : elle croît et elle se nourrit. C’est une vulgarisation extrême, mais elle permet de saisir l’idée. Heureusement, la transposition musicale qu’en opère Tatiana Paris se révèle plus subtile.
Armée de sa guitare, de sa voix et d’une multitude de bidouilles analogiques, elle nous immerge dans des abysses où le temps perd de sa réalité et de son inexorabilité. Dans cet environnement aquatique, dénué de toute menace, le merveilleux surgit au gré des courants. Sous l’eau, alors que nos mouvements se font lents et que notre champ de vision se réduit à la lucarne d’un masque de plongée, nous découvrons une flore d’une étonnante harmonie : organique, mouvante et sensible.
Avec Thalle, Tatiana Paris confirme qu’elle a choisi la voie d’une liberté totale par la résilience sonore. Elle nous prouve que la beauté réside aussi dans le hasard des juxtapositions, pour peu qu’on s’abandonne à leur écoute avec une oreille ingénue.

she's analog | no longer, not yet @ citizen jazz (fr)

She’s Analog

No Longer, Not Yet

Stefano Calderano (g, perc), Luca Sguera (p, synth, perc), Giovanni Lacovella (dm, elec)

Label / Distribution : Carton

6 septembre

Après un premier enregistrement paru en période COVID, What I Bring, What I Leave (ce que j’apporte, ce que je laisse), le trio italien She’s Analog revient avec un second album au titre tout aussi elliptique et antithétique : No Longer, Not Yet (plus maintenant, pas encore). Un intitulé en forme de programme philosophique pour un disque qui, précisément, refuse de lutter contre la réalité physique du temps qui passe.
Pour donner corps à cette réflexion sur l’instant, le trio (qui bouscule la tradition de l’instrumentarium réglementaire en remplaçant la contrebasse par la guitare) fait le choix fort de la continuité. Les six pistes de l’album sont pensées comme une suite ininterrompue, un flux tendu sans la moindre coupure où les morceaux glissent les uns dans les autres. Ici, la musique se déroule comme un fil inexorable, sans jamais regarder dans le rétroviseur. La structure se refuse aux répétitions ou aux rappels de motifs entendus plus tôt. Seule exception : quelques samples fantomatiques de voix d’enfants glissés de-ci, de-là. Mais leur nature ontologiquement nostalgique ne fait, finalement, que confirmer la règle.
C’est sur le dernier titre, long de 18 minutes, que l’esthétique de She’s Analog se déploie pleinement et rejoint irrésistiblement celle de The Necks. Une différence notable cependant : là où les Australiens n’hésitent pas à prendre la durée d’un disque complet pour développer une ambiance hypnotique et totalement improvisée, le trio italien préfère brouiller magnifiquement les pistes entre ce qui est écrit au préalable et ce qui est inventé dans l’instant.
L’osmose entre les trois musiciens est assez bluffante de bout en bout. Reste qu’à l’écoute de cette matière sonore en mouvement perpétuel, on se dit que l’écrin idéal de leur musique sera, à l’avenir, l’enregistrement live plutôt que le studio.

bobo & behaja @ bpm, rfi (fr)

BPM – Bonnes Pulsations du Monde

Le retour de Masego, une journée aux Suds, à Arles, et le feu intérieur de Groundation

Publié le : 24/07/2026 - 17:10
Cette semaine dans votre selecta : un artiste afro-américain d'ascendance jamaïcaine qui mêle avec une élégance folle R&B, jazz et rap et fait de la vulnérabilité une force ; un festival de « musiques d'un monde en mouvement » où tsapiky malgache, chants kurdes et MPB se rencontrent. Et « l'histoire d'un live » du groupe de reggae-roots californien Groundation.
Avec la complicité, 
au festival Les Suds, à Arles

De la chanteuse brésilienne Mari Froes, dont le premier album, Esquina do Sol, sort le 31 juillet ;

Du chanteur et multi-instrumentiste kurde Ali Doğan Gönültaş ;

De deux des cinq membres du groupe Bobo et Behaja : le saxophoniste français Maxime Bobo et le guitariste malgache Behaja.

tout bleu | you are tree @ soul kitchen (fr)

Tout Bleu comme une orange

Guimauve 31 Août 2026

Peut-être avez-vous découvert Tout Bleu en ouverture des Young Gods cette année. Le projet de Simone Aubert est pourtant né il y a dix ans et a sorti en mars dernier un troisième album, You Are Tree, une invitation à la transe joyeuse et euphorique.

Tout bleu nous en fait voir de toutes les couleurs avec une musique organique, hybride et passionnante. Sans jamais céder au spectaculaire, You Are Tree installe une atmosphère hypnotique, presque physique. Tout Bleu ne cherche pas à nous faire danser : les genevois nous invitent plutôt à nous perdre dans les ramifications de leur morceau. Une forêt sonore où l’on s’égare avec plaisir, à condition de ne pas chercher le chemin du retour ou d’avoir semer des petits cailloux en route.

You Are Tree de Tout Bleu est disponible chez Zamzam Records (Vinyle et K7), Carton Records, La République des Granges et Modulor.

gilles poizat | ici rond-point de l'asie @ wmbr (us)

Show #1012, the 2026.09.01 edition of The New Edge, a two hour radio program airing Tue 2-4pm on WMBR 88.1FM Cambridge/Boston, MA, USA (and streaming live at http://wmbr.org).

The show also airs & streams on WOMR/WFMR 92.1FM/91.3FM Provincetown/Orleans, MA, USA (http://womr.org) Wednesday nights midnight-2am.

The New Edge is devoted to creative and innovative instrumental music.

antoine ferris | gotta light? @ bepi crespan presents on citr fm (ca)

Bepi Crespan Presents

CITR 101.9FM (Vancouver)'s 24 HOURS OF RADIO ART in a snack size format! Difficult music, harsh electronics, spoken word, cut-up/collage and general CRESPAN© weirdness. This morning's broadcast features ALEKSANDRA SŁYŽ | HAAi / ECHONOMIST | PORTION CONTROL | ORCA, ATTACK! | AVI ENGEL | BLOOM | J.WLSN / LIAM KEENAN | ONASANDER / RNGMNN | BENJAMIN FULWOOD | M.B. (MAURIZIO BIANCHI) | ANTONIO MURGA | SIMON CACHEUX | TRISTAN DA CUNHA | SYLVAIN CHAUVEAU | THESE LIMINAL DAYS | ANTOINE FERRIS, and AMP.

borguefül | la jeune fille bleue @ utility fog on fbi radio (au)

Utility Fog, 5th July 2026

Tonight it's time for weird hip-hop, dark d'n'b trance-pop, mutant dancehall, Indonesian experimental folk, experimental Yolŋu, experimental indie, post-classical pop, krautrock-pop, mashups, junglism of all sorts, minimal drum'n'bass, minimal dub, sound-art, sound-art, sound-art… You know… It's Utility Fog..

[…]

Borguefül – La jeune fille bleue [Carton Records/Pagans/Bandcamp]
French double bassist Mélanie Loisel released her debut album as BorguefülHorst, in 2022 on Carton Records. Her follow-up, Vêtue, is again based around her double bass, enhanced with physical preparations, looping and processing, and forming a percussive base for her vocals. The first single begins with bowed notes and harmonics accompanying Loisel's voice, but by 2 minutes in you notice a low rumbling, a bass drone with digital detritus, which takes over and then stays under the short, otherwise a capella vocal phrases. It's beautifully unexpected.

frantx | idutydu @ solénopole (fr)

FRANTX | IDUTYDU

Et si le bug n’était plus l’accident, mais notre habitat naturel ? Avec IDUTYDU, FRANTX transforme la saturation contemporaine en terrain de jeu : onze morceaux traversés de glitch-noise, de punk spectral, d’hyperpop cabossée et de reggaeton passé au broyeur numérique. Un premier album fluorescent, instable et profondément vivant, conçu pour celles et ceux qui continuent de danser pendant que le monde affiche un message d’erreur.

Une poupée numérique ouvre les yeux

Sur la pochette imaginée par Rafaela Mascaro, un visage synthétique occupe tout l’espace. Sa peau irisée semble moulée dans une matière située quelque part entre le plastique, le brouillard et l’écran tactile. Ses yeux rouges ne regardent pas vraiment : ils scannent. L’image évoque une idole virtuelle tout juste réveillée, encore incapable de savoir si elle appartient au monde humain ou à la dernière mise à jour d’un logiciel émotionnel.

Cette ambiguïté irrigue IDUTYDU, acronyme de “I didn’t understand that you didn’t understand”. Une phrase en boucle, presque un dialogue entre deux intelligences qui auraient perdu le mode d’emploi de la communication. Chez FRANTX, l’incompréhension ne provoque pourtant pas le silence : elle produit du rythme, du bruit, des voix déformées et de nouvelles formes de désir.

Une rave dadaïste organisée dans les paramètres avancés d’un cerveau surchauffé.

Hypervitesse et jambes désobéissantes

Basé à Paris, le quatuor réunit Fanny Meteier au tuba, à la voix et au synthétiseur-jouet, Andrea Giordano à la voix, aux électroniques et au mélodica, Pierre Pradier aux guitares et à la voix, et Marco Luparia à la batterie, aux électroniques et au chant.

Leur musique ne repose pas sur une addition disciplinée de compétences. Elle organise plutôt leur collision. Le tuba cesse d’être uniquement un instrument grave pour devenir poumon mutant, basse difforme ou animal métallique. Les guitares se froissent dans des amplifications hétérodoxes. La batterie déplace le sol sous les pieds tandis que les voix, soumises au vocoder et à l’Auto-Tune, semblent chercher une issue entre le cri punk et l’avatar hyperpop.

FRANTX revendique ce brouillage des individualités, cette construction et cette destruction mutuelles. Entre improvisation, chansons et paysages électriques, le groupe élabore un collage dadaïste où une chaîne TikTok pourrait rencontrer la musique concrète dans les toilettes d’une rave clandestine.

Tracklist

IDUTYDU | 22 Mai 2026

  • 1. SORRY I'M FEELING EMOJI – 01:33

  • 2. PINGU TRAUMA - 03:25

  • 3. LTB - 05:38

  • 4. ORGASMIC KITCHEN - 04:05

  • 5. BARBIECUE - 03:28

  • 6. ANSUM - 03:54

  • 7. BARBIECODA - 02:58

  • 8. BANANA PHONE BOI - 06:38

  • 9. VITTORIA - 01:50

  • 10. LIQUIFY - 03:39

  • 11. FLY COMMUNICATION - 05:23

Onze fenêtres ouvertes dans le même cerveau

“SORRY I’M FEELING EMOJI” tient en une minute trente-trois : le temps nécessaire pour transformer une humeur en pictogramme, puis pour découvrir que le pictogramme souffre davantage que nous. “PINGU TRAUMA” poursuit cette enfance détraquée, comme si une mascotte télévisuelle avait été abandonnée dans un entrepôt industriel.

Avec “LTB”, les formes se dilatent. La musique ne file plus seulement à grande vitesse : elle commence à plier l’espace. “ORGASMIC KITCHEN”, produite par Andrea Giordano, porte déjà dans son titre une collision entre plaisir, domesticité et surcharge sensorielle. Ici, les appareils ménagers pourraient se rebeller et former un groupe de techno corporelle.

Le diptyque “BARBIECUE” / “BARBIECODA” introduit une poupée moins docile que celle des vitrines. Le plastique fond, le rose devient corrosif et l’identité manufacturée finit sur le gril. Entre les deux, “ANSUM” entretient l’impression d’un langage qui se fabriquerait en temps réel, par fragments, bégaiements et impulsions électriques.

Point culminant de cette dérive, “BANANA PHONE BOI” déploie plus de six minutes d’un humour aussi absurde qu’inquiétant. Le téléphone-banane n’est plus un jouet : c’est peut-être le dernier appareil encore capable de joindre quelqu’un. Après la courte suspension de “VITTORIA”, “LIQUIFY” dissout ce qu’il restait de solide. Enfin, “FLY COMMUNICATION” tente une ultime transmission aérienne : un message lancé depuis une zone où les mots sont déjà devenus des insectes lumineux.

IDUTYDU s’incarne sur un vinyle jaune électrique, comme si FRANTX avait pressé un éclair dans la cire. Sous son visage synthétique aux yeux incandescents, l’album promet une danse radioactive entre hyperpop, noise et bugs sentimentaux.

Le sommeil paradoxal d’une génération qui refuse à la fois de grandir et de s’endormir.

Le politique sous le maquillage fluorescent

Derrière son carnaval numérique, FRANTX pose une question sérieuse : comment exister comme musicien·ne dans un présent qui transforme chaque geste en contenu, chaque identité en profil et chaque révolte en tendance passagère ?

Le groupe ne répond pas par un manifeste figé. Il revendique des manières d’être non binaires, ambiguës, mobiles, jamais en attente. La politique de IDUTYDU se loge précisément là : dans le refus de choisir entre naïveté et cruauté, composition et improvisation, beauté pop et abrasion noise.

La photographie du groupe le suggère également. Les quatre visages, empilés et teintés de bleu, de rose ou de vert, forment moins un portrait collectif qu’un organisme à plusieurs consciences. Personne n’y occupe durablement le centre. Chacun devient momentanément le rêve, l’oreiller ou le trouble de l’autre.

FRANTX enchevêtre les corps comme il télescope les sons : quatre présences colorées, superposées, presque fondues dans une même vibration collective. Entre abandon, tension et étrangeté pop, ce portrait agit comme un manifeste visuel où les identités se brouillent, se répondent et deviennent déjà une forme de musique.

  • ANECDOTE : Un grommelot qui réclame de l’amour

FRANTX écrit notamment en piémontais et décrit son expression comme un grommelot arrabbiato réclamant de l’amour à travers un vocoder. Cette image pourrait résumer tout l’album : une langue cabossée, furieuse, parfois presque incompréhensible, mais dont chaque distorsion formule une demande de contact.

A propos de FRANTX

Basé à Paris, FRANTX est un quatuor glitch-noise qui ne mélange pas les genres : il les précipite les uns contre les autres jusqu’à provoquer de nouvelles réactions chimiques. Entre fantômes noise-punk, mumble trap, hyperpop, improvisation électroacoustique et musique concrète, le groupe façonne un univers d’hyper-vitesse dans lequel la chanson se dérègle, les voix réclament de l’amour à travers un vocoder et les instruments oublient volontairement leur mode d’emploi.

Autour du tuba, de la voix et du toy synth de Fanny Meteier, des voix, effets et machines d’Andrea Giordano, des guitares acoustique et électrique de Pierre Pradier, ainsi que des percussions, objets et dispositifs électroniques de Marco Luparia, FRANTX développe une musique fondée sur l’interaction, la métamorphose et la friction. Techniques étendues, amplifications hétérodoxes et extensions électroniques transforment le quatuor en organisme instable : chacun construit, dérègle ou détruit ce que les autres viennent de mettre en place.

Cette turbulence possède aussi une dimension politique. FRANTX interroge les rôles assignés aux musicien·nes, performeur·euses et compositeur·rices, tout en revendiquant des manières d’être non binaires, ambiguës et toujours en mouvement. Sa musique ne cherche donc pas seulement à produire des formes nouvelles : elle imagine d’autres façons d’exister ensemble.

Quelque part entre une chaîne TikTok entrée en collision avec Pierre Schaeffer et un carnaval punk diffusé depuis un futur déjà endommagé, FRANTX compose une musique pour danseur·euses aux jambes étranges. Un art brut, ludique et inquiétant, où le bug cesse d’être un accident pour devenir une possibilité d’évasion.

Site de FRANTX

Bandcamp

Clip "Barbiecue"

Fiche signalétique

IDUTYDU est paru le 22 mai 2026, en numérique et en vinyle, dans le cadre d’une coproduction entre Carton Records et Standard In-Fi. L’album a été produit et mixé principalement par Marco Luparia, avec Andrea Giordano à la production de “ORGASMIC KITCHEN”, puis masterisé par Nick Foglia.

Cru, naïf, cruel et intensément vivant, ce disque ne soigne pas les bugs de notre époque. Il les rassemble sur la piste de danse, augmente le volume et attend qu’ils développent enfin leur propre langage.

― Carton Records — Fondé officiellement en 2011, Carton Rds célèbre quinze ans d’aventures sonores et près de 80 parutions. Structuré autour des séries croix-croix (XX), bâton (///) et rond (Ø), le label défend des musiques libres, exigeantes, parfois abrasives, parfois dansantes ou hypnotiques. Avec IDUTYDU, coproduit avec Standard In-Fi, Carton confirme son goût pour les œuvres qui déplacent les formes, relient les artistes et ouvrent les oreilles autant que les esprits.

Au verso d’IDUTYDU, FRANTX troque le visage numérique pour un portrait en noir et blanc, comme l’envers humain d’un rêve sous Auto-Tune. Entre sobriété graphique et vinyle jaune acide, le disque révèle sa véritable mécanique : quatre corps réels derrière une musique totalement mutante.

société étrange | heat @ rockfort, the quietus (uk)

Société Étrange
Heat
Les Disques Bongo Joe / Carton / Standard In-Fi

Société Étrange, the electronics-bass-drums trio of Antoine Bellini, Romain Hervault and Jonathan Grandcollot, are very much an‘always different, always the same’ kind of group; the aim is evolution rather than revolution. That makes it harder to put your finger on what’s changed, but Heat – their third album – does feel different to its predecessor, 2022’s Chance. The latter felt a bit more urban, as though it was slinking through city streets at night, while this one is more isolated, distant, like it’s sealed in a capsule floating through space. If there is ‘heat’ here, it’s not about sweat or sudden explosions. It’s more in the warmth that starts to wash over you as the strict, circular rhythmic patterns, bobbing basslines, dubby effects and stark, Aphex Twin-like melodies proceed in their dance. They do also find a different gear on closer ‘Fifth’, a stately, steady trudge that’s like a Gary Numan instrumental track injected with Boards Of Canada wooziness. You could say it’s a slow burner. 

More on Société Étrange

frantx | idutydu @ impatto sonoro (it)

FRANTX – IDUTYDU

Di Fabio Gallato

I FRANTX preferiscono essere un equivoco vivo e confuso piuttosto che morire in un genere. 

Sorry I'm Feeling Emoji dura il tempo di una notifica e già non si capisce più chi stia parlando: la voce di Andrea Giordano, il vocoder che la mastica, o qualcos'altro che vive in mezzo. I FRANTX passano l'intero disco a giocare su questo confine, attraversandolo di continuo prima da un lato, poi dall'altro. Non è solo estetica glitch appiccicata sopra le canzoni: è la loro stessa musica che si comporta come un file corrotto, che si ripete, salta, si ristruttura e destruttura. Lo dichiara lo stesso titolo del loro album di debutto, "IDUTYDU", acronimo di I didn't understand that you didn't understand: il fraintendimento non è tanto un rischio del disco, che i nostri scelgono comunque di correre, quanto il suo programma.

Il quartetto - i francesi Fanny Meteier e Pierre Pradier e gli italiani Andrea Silvia Giordano e Marco Luparia - nasce a Parigi da un incontro tra improvvisatori e sperimentatori seriali. Hanno masticato tanto noise-punk, ma qui hanno scelto di mettere da parte la devozione per riscriverlo, trattandolo quasi come materiale di scarto da riciclare insieme a hyperpop, elettronica satura, piemontese, inteso come lingua, utilizzata a sorpresa in diversi frangenti. PINGU TRAUMA e BANANA PHONE BOI prendono un'iconografia pre e post internet e la fanno marcire dall'interno, fino a farla suonare più vicina a un incubo che a un meme. Il piemontese, dicevamo, quando arriva, non è per sentirsi a casa: è un'altra lingua straniera dentro un disco che di lingue ne parla tante, comprese quelle che nessuno ha ancora nominato.

Tenere insieme tutto questo per undici tracce non è gratis, perché “IDUTYDU” non è disco da compromessi facili. BARBIECUE si spinge fino all'harsh noise, LIQUIFY deve più di qualcosa agli Xiu Xiu, e il disco non addolcisce mai la transizione tra un estremo e l'altro. Ma "IDUTYDU" forse non va capito fino in fondo, e d'altronde lo dice il titolo stesso, lo confermano i pezzi. I FRANTX preferiscono essere un equivoco vivo e confuso piuttosto che morire in un genere. 

société étrange | heat @ dmute (fr)

L'idée de parcourir l'artwork d'un disque sans pouvoir cerner le genre de musique qu'il y a dedans nous amuse toujours, et nous sommes d'autant plus servi dans la sphère indé. Voici donc Société Étrange, avec un nom de groupe… étrange, puis des intitulés de morceaux – en anglais ou en français – tout aussi… étranges, quant à la pochette… Nous qui avions beaucoup apprécié le précédent album de ce trio instrumental lyonnais savions déjà quelle voie nous allions emprunter : celle d'une transe donnant l'impression paradoxale d'être à la fois statique et mouvante. Les compositions de Heat développent un groove cosmique (kosmische) basé sur des enchevêtrements de polyrythmies finement agencées et des jeux de résonnances et de réverbérations assez proches du dub. C'est alors dans ses effets de vibrations à la fois organiques et synthétiques que la musique singulièrement hypnotique de Société Étrange prend tout son sens et arrive à nous cueillir.

Leur troisième album Heat est disponible à cette adresse.

société étrange | chance @ radio nova (fr)

Une chronique de Mathieu Girod

Mathieu Girod nous propose de fuir l’actualité anxiogène de ces derniers jours en présentant en avant-première Chance, le nouvel album du trio lyonnais Société Étrange.
Une aventure sonore mystérieuse et prenante à travers l’underground de plusieurs époques et pays. Le groupe imagine un répertoire musical riche et métissé où le groupe allemand des seventies CAN rencontrerait l’icône du dub jamaïcain King Tubby, le musicien camerounais Francis Bebey, les fameux Kraftwerk ou encore le groupe de rap Spectre.

société étrange | chance @ prun.net (fr

Si tu aimes Joy Division et le psychédélisme

On plonge aujourd’hui dans le monde brumeux de Société Etrange avec leur morceau "Sur la Piste de Danse" fraîchement entré en playlist.

Derrière la Société Etrange se cachent trois français autodidactes à l’univers bien singulier et aux relents de fumée et de métal. Leur musique pioche dans le psychédélisme du krautrock et le rythme du dub pour proposer des sonorités obscures mais curieusement réconfortantes qui s’apparenteraient à une musique de transe dystopique.