Posts in review
ok | ep#1 @ mowno (fr)

Guillaume Magne n’a peut être pas encore conscience de la bonne idée qu’il a eu en 2009 lorsqu’il s’est mis à coucher sur bande quelques-unes de ses inspirations musicales, puis quand il s’est entouré de deux batteurs pour souligner d’un trait franc le caractère rythmique de ses compositions. Parce que si OK est aujourd’hui aussi méconnu que son excellent petit label Carton, le trio pourrait très vite mettre d’accord toute une frange du public rock qui aime entendre se marier l’originalité et l’accessibilité de sa musique favorite. Et c’est justement ce à quoi s’applique le groupe lorsqu’il aligne ici cinq titres efficaces, dont les mélodies et autres bizarreries toujours voilées d’humilité parviennent à lisser une certaine complexité rythmique. Mieux que cela encore, les trois réussissent même le difficile pari de la justifier, comme sur “A New Morning”. C’est justement pour cet entre-deux, ce reflexe qu’il a de toujours écorcher la facilité que OK suscite la curiosité, frustre même en ne poussant pas le plaisir jusqu’à la longueur d’un album. Parce qu’à lorgner vers le rock folk incandescent dont l’Amérique s’est faite maître (”Omelette Contest”), en doublant un jeu de batterie groovy à souhait rappelant les dernières heures de Fugazi (les excellents “OK” et “Playground”), comme en laissant entrevoir une forte personnalité (”Maureen”), on a la quasi certitude d’assister à la naissance d’un grand de demain. L’avenir, d’abord incarné par un premier album pour le coup très attendu, nous le dira…

ok | ep#1 @ magic box (fr)

Avec OK, changement d’ambiance, le trio composé d’un chanteur-guitariste et de deux batteurs (!) arpente le chemin d’un folk-rock typiquement américain. Au début, on se croirait revenir aux années 70 d’Eagles mais, comme on pouvait s’en douter à l’image de ces deux fameux batteurs, le voyage ne sera pas un long fleuve tranquille : ils émanent des morceaux un coup de folie destructrice qui ne demande pas mieux qu’à s’exprimer. A l’instar de The Mountain Goats, le son est outrageusement brut et décalé par rapport aux mélodies naturellement sereines d’ OK (Omelette contest). Avec eux, il y a quelque chose qui cloche même dans les morceaux initialement plus classiques. Sur A new morning, la musique semble être passée dans le prisme d’un remix bruitiste avec un son de guitare dissonant mis en boucle, une batterie schizophrénique et des sons électroniques attaquant le tout : le résultat, s’il déconcerte, ne manque pas de…charme. Sur Ok, Sébastien Brun aux claviers pose un air souffreteux sur une mélodie mélancolique attaquée par des sonorités noise. Là encore, cela désarçonne mais c’est étonnamment réussi. La fin du disque et Playground ramènent OK vers les barbus des seventies mais relookés de manière originale : la mélodie semble avancer par à coups, avoir des ratés (pour un résultat réussi là encore) et s’acoquine avec des sons venus d’ailleurs.