société étrange | heat @ loop musikzeitung (ch)

de:
Der zweite Track, «Place Saint Bruno», ist ein kleines Mirakel: Neun Minuten lang schlängeln sich Schlagzeug, Bass und Synthesizer durch ein Gewirr an Grooves und Sounds wie durch die malerische Altstadt Lyons in der Morgendämmerung. Vordergründig mag das gleichförmig klingen, doch dank subtiler, kaum wahrnehmbarer Variationen und Verschiebungen erzeugt «Place Saint Bruno» Spannung und beschwört Bilder wie ein gelungener Soundtrack. Société Étrange, das Trio aus Lyon, bleibt auf dem dritten Album «Heat» seinem Ansatz treu: repetitive, minimale Instrumentals, die ihre Wurzeln in der experimentellen Elektronika deutscher Formationen wie Cluster und Neu! haben, in den verhallten Räumen des Dub und den Wiederholungen der Minimal Music. Auf «Heat» macht das Trio einen Schritt vorwärts in Richtung Pop: Die Tracks klingen melodiöser, die Rhythmen sind verspielter, die Loops lichter und die Atmosphären kinematografischer. Interessant ist dabei die doppelte Rolle des Basses: Er verleiht den Tracks ihren Puls und schmückt sie gleichzeitig mit melodischen Elementen, während Schlagzeug und Drumcomputer fremdartige Beats zum Schwingen und Klöppeln bringen, derweil die Synthesizer die Soundgemälde mit warmem Zirpen und Zwitschern ö&nen und «Heat» zur auralen Delikatesse machen.

fr:
Le deuxième morceau, « Place Saint Bruno », est une petite merveille : pendant neuf minutes, batterie, basse et synthétiseur serpentent à travers un enchevêtrement de rythmes et de sonorités, comme dans la pittoresque vieille ville de Lyon à l'aube. À première vue, il pourrait sembler monotone, mais grâce à des variations et des changements subtils, à peine perceptibles, « Place Saint Bruno » crée une tension et évoque des images à la manière d'une bande originale réussie.

Société Étrange, le trio lyonnais, reste fidèle à son approche sur son troisième album, « Heat » : des instrumentaux minimalistes et répétitifs qui puisent leurs racines dans l'électro expérimentale de groupes allemands comme Cluster et Neu!, dans les espaces réverbérés du dub et dans les répétitions de la musique minimaliste.

Sur « Heat », le trio fait un pas de plus vers la pop : les morceaux sont plus mélodiques, les rythmes plus ludiques, les boucles plus légères et les ambiances plus cinématographiques. Il est intéressant de noter que la basse joue un double rôle : elle donne aux morceaux leur pulsation tout en les embellissant d’éléments mélodiques, tandis que la batterie et la boîte à rythmes font vibrer et cliqueter des rythmes étranges, tandis que les synthétiseurs ouvrent les paysages sonores avec des gazouillis et des pépiements chaleureux, faisant de « Heat » une délicatesse auditive.