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hassan k. | gharbzadeh @ the quietus (uk)


Hassan K

Gharbzadeh
Carton / Cheap Satanism / Extra Normal / Gandula / Industrie Musicale / Istotne Nagr. / October Tone

Franco-Iranian artist Hassan K. had Iran very much on his mind during the creation of Gharbzadeh, which is a word meaning ‘Westernization’ coined by Iranian critic Jalal Al-e Ahmad. Its clash of styles therefore feels deliberate and pointed, but it’s also thrillingly energetic. As with 2021’s Isteghana, this isn’t a melting pot, with disparate ingredients fused into a homogeneous whole. Instead, it is powered by fissures, friction and violent collisions: twanging, surfy setar meets bludgeoning metal riffs; dramatic virtual strings, midi flute and spirited keyboard lines all vie for attention throughout the rattling opening run of ‘Khwajeh Ye Hikmat’, ‘Zahir’ and ‘Karek Ve Taryak’. ‘Baba Karam’ adds filthy, fizzing synth bass and organ stabs that are like punches to the face, and the gnarly, proggy ‘Ma Bad Al Tabi At’ adds accordion from Charles Kieny of progressive jazz metal band Ckraft. ‘Asra’ is four minutes of brutal techno, thundering drums and clattery percussion, doom metal guitar and a preposterously dramatic finale that leaves you short of breath. Following that, the moody but relatively tranquil ‘Kangah’ provides momentary respite. Masto, formerly saxophonist with 80s squat-punk heroes Bérurier Noir, shows up on ‘Bazgash Bah Soal’, which builds patiently into a knotty math / jazz piece. Gharbzadeh is a wildly provocative ride.

hassan k | gharbzadeh @ muzzart (fr)

Hassan K. « Gharbzadeh » (Carton records/Cheap Satanism Records/Extra Normal/Gandula/Industrie Musicale/Istotne Nagr./October tone, 11 septembre 2026)

Will Dum16/09/2026

Hassan K. est comme déjà dit le projet solo du franco iranien Keyvane Alinaghi, artiste sonore DIY et fervent défenseur de la culture numérique libre. Le bon homme a pour coutume de brasser les genres, il aime aussi à traiter de l’histoire de son pays d’origine. Avec Gharbzadeh, sa dernière cuvée en date, l’auditeur est d’emblée secoué par Khwajeh ye hikmat et son noise/math/surf aussi leste que fracassé. Les motifs dépaysent, ensuite Zahir trépide lui aussi avec force notes de là-bas. Surf, il ne s’y cantonne (surtout) pas. Karak ve taryak, au taquet, change de braquet. On est à nouveau désarçonné, les sons s’entremêlent et le malaxage est haut en couleurs. Baba karam s’ajoute, changeant dans le rythme, à la collection. Le style ainsi créé ne se définit pas, c’est ce qui le distingue. Ahang mahli, de son électro azimutée, le démontre.

Par la suite Ma bad al tabi at, à l’intro nuageuse, pose après ça une dégelée qui flirte avec l’orchestral-indus. Si si. Asra, du métal plombé à du tribal déglingué, ne se normera pas davantage. Nous nous en réjouissons. Khangah calme le jeu, linéaire et pourtant trippant. Sa répétition l’enracine. Morbarzeh kon lui fait suite dans un bazar bruyant aux rafales fatales. Synth et hors-cadre, agité comme c’est pas permis, en volutes cinglées, le track impressionne. Il précède Gij shoden, en ruades malades. L’élan se brise, on a ensuite du math hybride à se mettre sous la dent. Le menu est chargé.

A l’occasion du duo de fin Bazgash bah soal, d’abord psyché, laisse filtrer le saxo de Masto, et ouais Biggy! Il n’en est que plus décalé encore, on notera par ailleurs l’intervention ici et là de Sara Fontan (violin on #6), Charles Kieny (accordion on #6) et Tesla Manaf (prepared trumpet on #7). Bref, on est là entre gens qui ensemble différent. C’est de fait ce que fait Clibanarri, surf décapoté, électro en spirales déjantées, à l’issue d’un album dont on n’a pas fini d’explorer les méandres.

TOUR:
zku | berlin (de) | 11 september 2026
fahrradkinokombinat | kiel (de) | 12 september 2026
hafenklang | hamburg (de) | 13 september 2026
tba | plauen (de) | 19 september 2026
positive futur festival | innsbruck (at) | 17 october 2026
zentralwerk | dresden (de) | 18 october 2026
stereolux | nantes (fr) | 29 october 2026
dingwalls | london (uk) | 5 november 2026

hassan k. | gharbzadeh @ à découvrir absolument (fr)

3 septembre 2026 /
Hassan K.
“Gharbzadeh” (Carton records)

rédigé par gdo

On a tous connu ces attractions foraines où l’on monte en pensant passer un bon moment avant de comprendre, une minute plus tard, que le responsable de la sécurité est probablement parti déjeuner. Gharbzadeh procure exactement cette sensation. Ça secoue, ça cogne, ça désoriente. On en ressort avec les jambes flageolantes et cette légère nausée qui accompagne parfois les expériences dont on ne sait toujours pas si elles nous ont procuré du plaisir ou si elles nous ont simplement survécu.

Le projet d’Hassan K., alter ego du Franco-Iranien Keyvane Alinaghi, ne cherche jamais à faire cohabiter paisiblement les styles. Il les percute de plein fouet. Les senteurs orientales tentent de conserver leur équilibre au milieu de rythmiques tapageuses, de guitares sauvages qui semblent perdre une roue à chaque virage, d’électronique bondissante, de métal, de math rock, de surf music iranienne et d’une multitude d’accidents sonores qui ressemblent parfois davantage à un chantier en activité qu’à un studio d’enregistrement. Pourtant, derrière cette apparente anarchie, le disque raconte autre chose : un pays traversé par les fractures de son histoire, pris entre héritage et occidentalisation, sans jamais transformer son propos en leçon de géopolitique. L’impression dominante reste celle d’un gigantesque grand huit musical. Chaque morceau ouvre une nouvelle porte, souvent pour la refermer avec fracas quelques secondes plus tard. (Baba Karam) constitue sans doute le point culminant de ce pilonnage en règle. Tout semble vouloir s’y entrechoquer dans une euphorie quasi incontrôlable, comme si chaque instrument cherchait à raconter une histoire différente sans jamais accepter de céder la parole. Le plus déroutant demeure cette capacité à faire dialoguer des mondes qui, sur le papier, n’auraient jamais dû partager la même pièce. Ici un violon espiègle vient provoquer des guitares déraillées, là des pulsations techno rebondissent sur des rythmiques traditionnelles avant qu’une déflagration métallique ne vienne remettre les compteurs à zéro. Hassan K. refuse obstinément le folklore de carte postale. Il préfère bousculer une culture millénaire au contact des sons d’aujourd’hui plutôt que de la figer dans une vitrine.

Douze morceaux plus tard, difficile pourtant de prétendre avoir trouvé le fil conducteur. Ou plutôt, il existe bien un fil, mais il s’emmêle volontairement entre les jambes de ce mariage improbable entre Moyen-Orient, rock, électro, métal et expérimentations bruitistes. La cohérence semble parfois portée disparue, remplacée par une fuite en avant permanente où chaque idée chasse la précédente avant même d’avoir totalement existé.

C’est probablement ce qui divisera. Certains parleront d’un laboratoire sonore fascinant, d’autres d’une indigestion en règle. Pour ma part, je me situe quelque part entre les deux. J’admire profondément la liberté de ton, l’absence totale de compromis et cette volonté de ne jamais folkloriser les racines iraniennes du projet. Mais j’aurais parfois aimé que ce train fantôme ralentisse quelques instants pour me laisser reprendre mon souffle avant de repartir de plus belle. Un disque qui ne demande pas simplement d’être écouté. Il exige qu’on accepte de perdre l’équilibre.