tatiana paris | t h a l l e @ à découvrir absolument (fr)

Carton Records a ce pouvoir de nous magnétiser par l’inconnu, par le prisme d’escapade musicale aventureuse. Au gré des sorties, il nous arrive de nous fondre dans le minéral ou de nous plonger dans les méandres de quelque chose de plus organique.

Avec Thalle de Tatiana Paris, c’est une sorte d’apogée, de pièce unique, inaltérable, parvenant à nous happer dans un inconfort sonore (intro) qui joue à la fois son rôle d’appât, mais surtout de procession vers un autel recouvert de cette thalle qui se déploie avec un détachement quasi-surnaturelle. Foisonnant et prégnant, la musique balise un chemin d’excellence, s’extirpant des flots balisés, pour mieux traduire ce que l’évanescence peut produire quand elle n’est pas la racine du futile (Hibbon inédit fantastique de Low) A tomber comme du Gastr del Sol, cela nous fait fondre comme certains travaux de field recording hébergé par l’excellent label Aagoo records, c’est lumineux comme un lever de soleil dans les brumes légères d’un sommet vosgien l’été.

Thalle est la traduction musicale parfaite du mot EMOTION, une ballade sans âge, une plongée, telle celle du Discovery One vers ce que nous ne pouvons imaginer, une frontière, celle qui répondrait à la possibilité que l’infini puisse avoir une fin.

Entre structures sonores planantes et pleines de bruits, de propositions d’évasion, Thalle est une envolée émouvante, presque mystique, et pourtant bien ancrée dans le sol, avec des racines qui seraient orientées vers le ciel. Terrassant de beauté.