seb brun | ar ker @ take effects (us)

A true renaissance band, Sebastian Brun is a drummer, producer, composer, and mathematics enthusiast, and here he adds a healthy amount of electronics to a very exciting and often mesmerizing effort where distortion, repetition, and looping are used very artistically.

After a barely audible field recording “Prelude” opens the disc, “Bob Zarkansyél” uses light vocals and playful percussion in the gentle, almost meditative setting of quiet beauty that’s as precise as it is inviting.

Elsewhere, “Ker” spends 8 minutes embracing a sort of New Age tribal approach that builds into a hypnotic and fascinating display of electronic manipulation, while “Interlude I” recruits an almost sci-fi angle of creative and experimental prowess. “Koroll”, one of the record’s best, then takes on an almost robotic ambience with sublime acoustics, too, that you’re not likely to hear anywhere else.

Near the end, “Empty” glides with a mechanical feel that bridges noise and melody, and “Frozen” finishes the listen with 9 minutes of mysteriousness as innovative drumming and adventurous electronica meet at a very iconoclastic intersection.

Brun always has a lot on his plate, including projects like Paraquet and Horns, among others, but let’s hope he still finds time for solo work as his unique vision is some much appreciated ingenuity, that, amazingly, was recorded with no overdubs.

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abacaxi @ downbeat (us)

Two of the festival’s stand-out sets artfully balanced control and blissful abandon. Late on Thursday night at the Nexus stage, the remarkable new power trio Abacaxi—“pineapple” in Portuguese—summoned an exhilarating fresh sound, geared around maverick guitarist Julien Desprez. Elements of abstraction, snarly noise and prog mixed with the guitarist’s gymnastic, dance-like maneuvers on an array of floor pedals, including stage lighting controls. Premiering at last year’s JazzFest Berlin and a highlight at May’s FIMAV festival in Quebec, Abacaxi is one of the more exciting, genre-blurring and multisensory new ensembles around.

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reviewSeb Brunabacaxi, usa
abacaxi @ les inrocks (fr)

Terminons avec le concert particulièrement intense du trio ABACAXI, qui réunit le guitariste Julien Desprez, le bassiste Jean-François Riffaud et le batteur Max Andrzejewski. Propulsant une musique tendue et épurée, nerveuse et frondeuse, dans le sillage cinglant de la no wave ou du post-hardcore à la Shellac, ils balafrent l’air de stridences électriques dont l’impact sur le public est encore accru par des rafales régulières de lumières stroboscopiques. Un total coup de foudre.

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reviewSeb Brunabacaxi, france
société étrange | au revoir @ le bombardier

“Au Revoir Président”. Mis en lumière par le label S.K Records à l’occasion de la sortie de son premier EP Au Revoir en 2015, Société Étrange ne cesse depuis de conquérir les foules avec des sets improvisés mêlant kraut, dub et électronique. Exit les refrains entêtants et les petites mélodies, les Lyonnais dégainent leurs instruments pour atteindre un niveau d’intensité rare, une sorte de transe jubilatoire au service du corps et du cerveau. Alors, quand on demande au trio de nous envoyer une mixtape, c’est sans surprise qu’on se sent quelque peu déboussollés. Pas seulement parce qu’il manque la tracklist, mais aussi parce qu’Alan Vega, Christophe et Gérard Manset côtoient des projets qui pourraient faire convulser plus d’un digger averti. Le résultat se nomme “Bonne humeur pour toute la journée” et s’écoute ci-dessous :

abacaxi @ musicworks (ca)

No festival could be more appropriate for the North American debut of French guitarist Julien Desprez, here with his trio Abacaxi. Desprez plays guitar and pedals with the unimaginable precision of a robot from the future, hand jumping from headstock to bridge, picking strings and punching the body and fingerboard, all of it in lock-time with a literal dance on a pedal board that not only mutates and distinguishes every nanosecond of sound but controls a light show from black-out to incendiary flare, all of this resulting in a music that simultaneously invokes Hendrix, Webern, and video games. He’s the most dramatic figure to emerge in improvised music in decades.

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abacaxi @ exclaim (ca)

French guitarist Julien Desprez's technique might require the coining of a new musical field — pedal dancer — a field wherein he immediately would ascend to the championship. His trio is filled out by only slightly less pedal-enhanced bassist Jean-Francoiçois Riffaud, and German drummer, with the heaviest bass drum foot in the festival, Max Andrzejewski.

With a pedal array stretched across half the stage, and requiring two discrete quarter-inch inputs for his guitar, Desprez is unlike many tech-addicted musicians who collect pedals like vintage Star Wars figures; he is unafraid to play them all, with tap dancing delight.

He and Riffaud swapped and sorted noises and brief noisy riffs with the energy and precision of speed-addled Amazon employees, while Andrzejewski hammered out the packaging with death metal heaviness applied to jazz-influenced techniques.

The non-musical element came in the form of pedal- and sound-triggered stage lights that, at times, further enhanced the epileptic dangers of the performance. The slight limitations in the presentation came from how the applied technology was used for a "trick" dominated approach, with moments starting to repeat themselves before long into the show.

But for sheer intensity and will to rock cybernetically, not to mention pedal dancing prowess, Desprez and company are a tough team to beat.

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hippie diktat | gran sasso @ can this even be called music

France’s doom-jazz trio Hippie Diktat already made an impression on me with their previous album, Black Peplum, but it’s with Gran Sasso that I introduce them to you here. Not unlike bands such as Mombu and Mosca violenta, which collaborated on the amazing album Hunting Demons, Hippie Diktat’s music is slow, heavy, and atmospheric. Call it post-metal or instrumental doom, or yet again doom jazz—they all convey part of the message—Gran Sasso is a work quite similar to Ex Eye, featuring Colin Stetson, albeit much slower and oppressive.

DÆV TREMBLAY

gilles poizat | horse in the house @ Section 26

Gilles Poizat a mis en musique les poèmes de Galen Hershey, le grand-père pasteur et fermier de Catherine Hershey avec laquelle il formait le duo dûment nommé Rev Galen. Il continue aujourd’hui le boulot en solo sur un très beau disque fraichement paru et en live, à la tête du quatuor Horse in the house (Alice Perret, Seb Finck et Julien Vadet). Ce sont des mélodies à briser le cœur, qui rappellent Syd Barrett et donc John Dowland, chantées comme par un Jad Fair très doux qui jouerait en plus de ça de la guitare comme Arto Lindsay et de la trompette comme Chet Baker dans un entrelacs vertigineux de violonades dissonantes et d’électronique rupestre, batterie mélodique en sus et synthé modulaire contaminant l’ensemble à la façon d’une bonne vieille varicelle. Le charme est immédiat, patraque, avec une fraîcheur d’aube à laquelle jamais n’attente la pourtant franche déglingue de l’exécution.

gilles poizat | horse in the house @ Les Chroniques de HiKo

L'album se dévoile comme un recueil de chansons expérimentales touchantes, expressives et minimalistes, combinant avec brio ses mélodies pop accrocheuses et vibrantes à des arrangements électro dont les textures synthétiques et brinquebalantes captent d'emblée l’auditoire. Hanté de bribes folk mélancoliques et de réminiscences jazz raffinées, Horse In The House bouleverse et hypnotise !

Seb Brungilles poizat
gilles poizat | horse in the house @ POPnews

Gilles Poizat dont le free-folk enrobé de nappes synthétiques infusées par des synthétiseurs modulaires et de batteries hypnotiques capte immédiatement nos oreilles. On passe de l'arpège étrange aux distorsions bruitistes sans prévenir et ça nous ferait presque peur si le chant n'était pas placé sous le signe de Robert Wyatt.

hippie diktat | gran sasso @ indie rock mag

Troisième album du groupe, Gran Sasso ramasse toute l’exubérance du trio dans deux longs tunnels contemplatifs où la noirceur et l’angoisse se partagent l’espace. Après un Black Peplum qui avait réduit l’expression de leur post-jazz core à 4 titres denses et labyrinthiques, ce nouvel album déroule ses ambiances dans un langage plus resserré pour mieux faire progresser l’auditeur dans un brouillard de plus en plus épais et explosif. Par ces deux faces monochromes, Hippie Diktat rappelle non seulement le drone metal d’un Sunn O))), mais aussi les voyages vibrants et agités de Godspeed You ! Black Emperor.

La volonté de faire masse, comme cet abrupt monticule rocheux qui orne la pochette, est au cœur de ce disque. Pour produire cet effet de bloc de granit, les instruments s’interpénètrent, se confondent, se fondent les uns dans les autres. Le grain du saxophone, texturé par les effets, rend ou le son lourd et éraillé d’une basse électrique distordue, ou, comme sur le « solo » de la face A, qui émerge à la 10e minute, le grincement strident d’un violoncelle. Il se prolonge avec le drone d’une guitare jouée à l’archet. La batterie, sans interruption, bat le rythme binaire et nécessaire d’un cœur essoufflé. On passe de l’état méditatif et inquiet de la première moitié du titre à un marathon asthmatique, en passant par le réveil brutal qui suit un cauchemar terrible. Hippie Diktat, c’est un train obstiné sur une montagne russe sonore qui te prend et ne te lâche qu’après t’avoir fait passer à la moulinette de ses troubles obsessifs.

gilles poizat | horse in the house @ Le Salon de Mélanie Bauer

Horse In The House. Alors voilà, encore un disque étrange, intime et formidable. [...] des diamants dans les yeux, un luxe pour les oreilles difficiles. J’apprécie toujours les sons surprenants, les harmonies alambiquées, la poésie brute et la sincérité. Des qualités que je retrouve ici. Un disque qui mérite une hi fi ronde et un canapé confortable à écouter de ses deux oreilles.

Seb Brungilles poizat, france
gilles poizat | horse in the house @ magic rpm

Gilles Poizat dévoile, en exclusivité pour Magic, Preface For Songs, extrait de son futur album Horse In The House, disponible le 22 février (Carton Records). L’ex-trompettiste de Mazalda met ici en musique les poèmes du pasteur-fermier Galen E. Hershey, grand-père de Catherine Hershey, avec qui il forme le duo Rev Galen. Ce morceau est un voyage poétique où se mêlent synthés psychédéliques et léger rythme jazzy.

Seb Brungilles poizat, france
société étrange | au revoir @ gonzaï

Le 13 novembre 2015, Salah Abdeslam et une poignée de terroristes faisaient entrer l’un des arrondissements les plus pauvres de Bruxelles dans les livres d’histoire. Trois ans plus tard, même endroit, c’est un autre groupe qui s’y produit, mais avec des intentions bien plus pacifistes. Son nom : Société Etrange. Sa mission : convertir les « incroyants » fans de soupes populaires à une musique de transe, nettement plus fédératrice.

« Drôle d’endroit pour une rencontre ». Le papier aurait pu s’appeler comme ça, et on en serait venu à la même conclusion qu’on n’a pas ressenti de telles vibrations depuis bien longtemps – peut-être depuis l’apparition du groupe FRANCE, spécialisé en mantra drones donnant simultanément envie de vomir et régurgiter son repas dans un sourire. Ca se passe un vendredi soir à Bruxelles, il est 23H00 passé dans l’une des communes connue comme l’une des plus pauvres de Belgique, à Molenbeek – du moins c’est ce que tous les médias racontent. Un vigile filtre les entrées à l’intérieur d’une rue déserte, ça caille putain. De l’autre côté de la barrière, une armée de bonnets délavés fume une clope dans ce qui se ressemble à une salle polyvalente du 21ième siècle où de jeunes gens avec des fringues disparates dansent sans se dévisager; c’est, en bref, tout l’inverse d’un concert de rock blanc-bourgeois. Il y a là 150 têtes réunies pour une envie indéfinissable de regroupement, loin des codes et du centre-ville – pourtant pas loin, un kilomètre à peine. Ce n’est pas non plus le désir malsain de s’enjailler dans « le fief de Salah Abdeslam », c’est autre chose et ça s’appelle peut-être tout simplement l’underground – ou ce qu’il en reste. L’underground, parlons-en. Le trio qui m’a fait venir jusqu’ici – en Uber, hein – se nomme Société Etrange. Il est l’invité des soirées belges Actionnaires. De l’autre côté de la frontière, même heure ou presque, des Gilets Jaunes s’apprêtent à saccager les Champs Elysées. Chacun sa révolution.

Celle de ce trio lyonnais a débuté en 2015 avec un premier EP chez SK Records et depuis, il n’arrête pas de ne pas faire parler de lui. Remarquez que ça se posait là, ledit EP se nomme « Au revoir ». Trois ans après, on les retrouve là, muets comme des Lyonnais – le lyonnais est assez inexpressif de nature – en train de vite fait balancer. Sur leur Soundcloud, plein de tracks passionnantes jamais publiées ailleurs, on ressent la même intensité que face à un sourd fan de CAN tapotant sur des tambourins. D’ailleurs le batteur jouera plus tard comme une émulation 2018 de Jaki Liebezeit sur une batterie réduite au minimum d’éléments, et la foule aimera ça. Pour l’heure, je fais le tour du propriétaire avec Pierre. Nous sommes à La Vallée, un lieu polymorphe ouvert où se croisent créateurs, musiciens et entreprises privées dans une espèce de Factory gigantesque de 6000 m2 sans les artifices pour startuppers insupportables. Le lieu a ouvert voilà 3 ans sous l’impulsion de Pierre. Pierre, c’est un ancien teuffeur. Un ancien résident du Maxim’s, à Paris et son objectif ici, avec ce lieu à mi-chemin entre le squat et l’open space warholien, c’est de réconcilier les communautés, faire changer le regard des passants sur son Molenbeek, connu et raillé jusque dans les coins les plus reculés de France, là où on l’on confond encore barbus et djihadistes. Voilà 48 heures, il serrait la main à Macron, de passage dans le lieu sur invitation du Roi de Belgique. Ce dernier voulait montrer à notre cher Président à quel point Molenbeek était en mutation grâce aux 150 artistes et entrepreneurs réunis dans un lieu qui n’existe toujours pas à Paris. Résultat de recherche d'images pour "macron la vallée bruxelles" Le fameux Pierre serrant la main de Macron. A droite, le roi de Belgique. « Que le Président Macron ait cette image positive, c’est important. Mais il faut aussi que cette image se diffuse : que les populations et que tout le monde se rende compte que Molenbeek est positif, c’est ça qui est important » confiera Pierre Pevet à France Inter. Quarante-huit heures plus tard, à moins de dix mètres de cette cérémonie officielle en costumes, un groupe d’anars portés par le son continu s’apprête à délivrer sa dose de kraut-dub à une audience qui n’a peut-être jamais voté de sa vie. La scène est surréaliste, l’endroit idéal, le moment, parfait. Ledit Pierre, bonnet vissé sur la tête, m’offre une bière à 2,50 € sans trop savoir qui s’apprête à monter sur scène. La Belgique, dans toute sa splendeur. Ce groupe là, c’est tout l’inverse de la Société Générale. Déjà, sa musique c’est à peu près tout sauf Jérôme Kerviel. Un condensé, effectivement, de krautrock et de dub atmosphérique, au sens où la basse joue une place aussi importante qu’un tronc de séquoia posé dans un magasin de porcelaine. La foule entoure le groupe qui n’a pas dit un mot depuis 30 minutes. La musique parle pour lui. On croit un moment entendre Holger Czukay, à d’autres moments le collectif de La Novia ; mais contrairement à pas mal d’autres prétendants au trône d’héritiers du groove métronomique, ceux-là ne semblent prétendre à rien ; ils se contentent d’être là et distillent en moins d’une heure un poison lent qu’on appellera, faute de mieux, du funk mid-tempo de Bavière.

A la fin du concert, les trois membres sortent fumer des clopes, ils n’ont rien à vendre et se fondent dans la masse de jeunes rassemblés dans la cour de La Vallée, un lieu arty et ouvert à tous où personne n’appelle les flics passé minuit pour réunion bruyante dans la cour d’immeubles. Ici, ça semble être une soirée comme une autre, loin de tous les clichés sur la musique, l’immigration et la dernière vidéo virale consultée sur son smartphone. Une société pas si étrange que ça, finalement. Dommage que Salah Abdeslam n’ait jamais écouté “Tago Mago”.

might brank | ep#1 @ citizenjazz

On avait laissé Emmanuel Scarpa dans Invisible Worlds, qui ressemblait à un solo à plusieurs : un batteur seul avec une batterie d’invités. Might Brank, qui fait renouer Carton Records avec la musique improvisée, est davantage solitaire, mais tout aussi étrange ; Scarpa y sonde seul un univers dense, lascif, où chaque geste s’accompagne d’une aura faite de tintements de gongs et autres cymbales, chinoises ou non (« jelly-wasabi ») mais aussi de bribes de voix (« procession »). Il y a, dans l’iconographie bouddhiste de la pochette comme dans la quête de spiritualité où le minimalisme côtoie intimement l’immédiateté, un orientalisme qui se cherche. Ce sillon, qui mérite d’être profondément labouré par le batteur, ira-t-il plus loin que ce court EP#1 ? « Qui saura », répondrait Mike Brant, l’éponyme en yaourt de ce joli projet…