29 octobre 2026 /
Generique Mardi
“Diane” (Carpaccio cathédrale, carton records & la république des granges)
rédigé par gdo
Il y a chez Générique Mardi une manière de faire danser la colère qui me plaît beaucoup. Une électro-punk qui avance sans chercher à arrondir les angles, avec des lignes de basse qui tournent en boucle et des machines qui semblent avoir quelques comptes à régler. On pense parfois à Lizzy Mercier Descloux croisant Alan Vega, mais le duo toulousain possède surtout sa propre façon de faire monter la pression. The Flood ouvre Diane dans une atmosphère franchement inquiétante, comme une boucle sonore qui accompagnerait une manifestation dont on sentirait déjà gronder la rage. Une colère qui, peu à peu, cesse d’être individuelle pour devenir collective.
J’aime cette façon de ne jamais choisir entre le doute et l’affirmation de soi. Boundaries donne l’impression que Young Marble Giants a reçu une dose raisonnable de kétamine, tandis que Toxicité déroule sa mécanique robotique et désabusée, comme si le morceau avait renoncé à croire aux belles histoires. Pourtant, Générique Mardi ne s’enferme jamais dans la noirceur. Il reste toujours une brèche, une envie de s’échapper, de danser ou de reprendre la parole. My Inner Slut fait un détour par le terrain de Peaches, quand le morceau titre se dépouille jusqu’à l’os, laissant affleurer les fragilités derrière les mots. C’est sans doute ce mélange de froideur et de vulnérabilité qui rend le disque attachant.
Avec Diane, Juliette Pym et Bonella Holloway semblent avoir troqué le « je » de Rebecca contre un « nous » qui n’a rien d’une formule. Les relations toxiques, les désirs contrariés et les colères rentrées ne disparaissent pas par enchantement, mais ils deviennent matière à autre chose. Et lorsque Sister Rivalry fait monter la température ou que Yellow Tiles laisse entrer une dose d’insouciance, la fête reprend ses droits sans que les ombres se dissipent complètement. J’aime ces disques qui ne prétendent pas avoir trouvé la solution, mais qui donnent au moins envie de ne plus subir. Diane serre les dents, doute encore, puis se remet à danser. Et parfois, c’est déjà beaucoup.