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La Bâtie 2026 | Générique Mardi, pour tous les jours de la semaine

par Anne Machuron | Sep 11, 2026 | Chroniques de Concerts

Pour sa dernière semaine de programmation, La Bâtie-Festival de Genève accueillait mercredi au sein du Bongo Joe le duo toulousain Générique Mardi. Un moment aussi dansant que suspendu dans la petite salle du centre ville.

Des disques vinyles tapissant les murs, sur lesquels sont gravées les œuvres d’artistes célèbres ou plus confidentiels. Aucun doute : on se trouve bien aux Halles de l’Ile, au Bongo Joe, ce magasin de disques à la buvette avec terrasse des plus accueillantes. Habituellement, le rituel est de sélectionner une pochette qui nous fait de l’œil, de prendre place sur un tabouret et d’enclencher le tourne-disque, le casque sur les oreilles, le regard tourné en direction du Rhône tout proche.

Cette fois pourtant, nul besoin de fouiller dans les bacs pour sélectionner une pochette : le groupe Générique Mardi est venu directement à nous, en chair et en os.

Un mercredi sous sonorités dansantes

Né en 2022 entre deux confinements, le groupe français se veut rafraîchissant malgré des textes abrupts déclamés par Bonella Holloway sur un ton assez sombre, appuyés par les rythmes de son clavier et les accords de Juliette Pym à la basse.

Cette esthétique n’est pas due au hasard. Issu•es du milieu de l’art contemporain, les deux musicien•nes s’intègrent parfaitement dans la ligne voulue par le nouveau directeur artistique du festival, Stéphane Malfettes, et ses équipes.

Dans leur album Rebecca (AB Records & Cœur sur toi), Générique Mardi explore les névroses de notre époque : la quête permanente de shots de dopamine, la consommation compulsive d’alcool ou encore les samedis soirs festifs qui s’enchaînent et se ressemblent sans trop savoir pourquoi… Un constat désabusé sublimé par des mélodies simples et des beats entraînants pour le public du Bongo Joe.

Le plus déconcertant dans tout ça ? C’est que l’on n’a qu’une envie : aller danser en club.

Le générique de fin est arrivé trop vite et l’on suivra avec attention les prochaines sorties de Générique Mardi. Quant au festival de La Bâtie, il se termine ce weekend. Toutes les informations sont disponibles sur le site officiel.

générique mardi | rebecca @ muzzart (fr)

Juliette Pym et Bonella Holloway forment Générique Mardi, duo excentrique pop lo-fi rachitiquement no-wave qui part génialement de travers. Elles marient les genres ici dub dirait-on (You cross the line), Waiting room en attente de soins narre le délire du secteur santé. Il accroche, de par ses sons et son histoire qui pourrait mener à l’insanité. Les Toulousaines, inventives, minimales, s’emballent sur A place for us. Basse charnue et sonorités volantes triturées assurent l’accroche, alors que la cadence se fait sèche et cinglante. Parfait. Il y a une place pour elles, assurément, dans le paysage indé de nos prairies. Bathwater m’évoque Young Marble Giants, Laurent Santi de chez Cœur sur toi va encore palper du biffeton avec cette parution K7 digne de la plus majeure des majors. Pour le coup il partagera avec AB Records, lui aussi avide de caillasse, y’a qu’à voir son catalogue…bref, c’est une histoire de fouilles pleines tout ça! House of cards séduit quand vient son tour, dans la lignée magnifiquement dénudée de l’ensemble. Il fuse, rêve de par ses vocaux.

Second volet, Narrow cages et cold-wave là encore merveilleuse, bancale et irraisonnable. J’entends, là-dedans, le courant late 70’s et sa foison de projets en marge. Lights turn green en sort, on en loue les sons foufous et le climat dépeigné. En France on a « tout qu’est-ce qu’y faut », pour le coup c’est dans le sud qu’on déniche la perle. Compulsif va le devenir, il pollue la draperie. Il gémit, se souille et médicationne. Rebecca excelle, sans faire la belle, et groove on drugs. Dick meditation, vague cold des plus fréquentable (quoique…), en Anglais, médite sur la b+++. Dans les textes, il y a matière. Le terminal La fête pulse et flirte avec le club, Rebecca moi je kiffe et je parierai qu’il en sera de même pour mon réduit mais fidèle lectorat.