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tout bleu | you are tree @ muzzart (fr)

Tout Bleu « You Are Tree » (Carton Records/ZAMZAM Records/La République des Granges, 20 mars 2026)

Will Dum

Les tout crépusculaires Tout Bleu, menés par Simone Aubert (Hyperculte, Massicot) à la manière du gitan Melquiades, personnage clé de 100 ans de solitude, reviennent au village pour faire part de leurs trouvailles avec un troisième album, You Are Tree. M’en fallait pas plus, me voilà à parler du divin objet. Une dizaine d’abord chloroformée, dans la nébulosité fantomatique de l’inaugural Kind To Herself. Les voix y chuchotent, l’atmosphère angoisse. Une vague électro underground s’invite, en fin de titre. Puis Wish We All, dans un folklore champêtre possédé à la fin remuante, entérine la déviance du groupe. On s’en remet à peine que Technosapiens, lunaire, spatial, pousse encore le champ d’investigation de Tout Bleu. Le chant fait à nouveau effet, les volutes sonores également. Alive In A Future, no-wave à la majesté déjantée, obscur et bancalement lyrique, sème le même type de magie. Puis Doors, à la subtilité bluesy hantée, de son deuxième volet frénétique, fait des cinq premières plages des must absolus.

On poursuit avec enthousiasme, envouté, l’audition immergée. Ce Dit Univers, in French dans le mot, ensorcèle. On n’échappe pas à ce You Are Tree, A Mount y poste ses motifs et son louvoiement rock cerclé d’instruments déments et de vocaux à la déraison décisive. Mooch, sombre et d’un jazz hors-socle, expérimente jusqu’à ce qu’on s’en entiche. Champidou joue, ses penchants aériens le portent et ses sons fusant, son rythme kraut le placent en marge. Son terme bruisse, et puis matez-moi donc cette pochette! Plus représentatif y’a pas, à la minute où Loneliness distille pour finir son venimeux nectar « folklo » titubant et dépaysant force est de reconnaitre que Tout Bleu, perché, nous lègue là un opus qu’il faut certes aller chercher, mais dont l’assimilation recèle son lot d’extase sensorielle.

tout bleu | you are tree @ solénopole (fr)

TOUT BLEU | You Are Tree

Avec You Are Tree, son troisième album, TOUT BLEU affine une langue musicale rare : une pop d’éclats et de frottements, à la fois terrienne et flottante, lyrique et cabossée. Autour de Simone Aubert, le quatuor genevois assemble violoncelle, alto, électronique, voix mouvantes et battements décentrés pour faire surgir une forme de joie grave, presque insurgée. Un disque de transformation, d’embranchements, de secousses intérieures.

Le troisième album du groupe genevois transforme la mélancolie en poussée vitale, entre cordes hantées, pulsations obliques et poésie en friction

Dès sa pochette, You Are Tree impose une image ambiguë : un arbre qui semble aussi être un champignon géant, une forme impossible, minérale et organique à la fois, dressée dans un paysage de chaleur, de roche et d’azur. Tout le disque est là, dans cette silhouette instable. Chez TOUT BLEU, rien n’est fixé une bonne fois pour toutes. Les morceaux tiennent debout sur des appuis mouvants, comme si la matière sonore cherchait en permanence son propre équilibre.

Le quatuor genevois – Simone Aubert, POL, Luciano Turella et Beatriz Raimundo – creuse précisément cette zone de bascule : entre propulsion et suspension, entre tension intérieure et mouvement collectif, entre tristesse tenue et désir de relance. Fondé il y a près de dix ans autour de Simone Aubert, le projet confirme ici une identité immédiatement reconnaissable, faite d’angles, de fluidité, de frottements et d’élans contraires.

Une musique qui boite, donc qui vit

Ce qui frappe dans You Are Tree, c’est sa façon de ne jamais choisir entre la chair et l’architecture. Les beats peuvent se faire droits, presque mécaniques, mais les cordes viennent les fissurer. La guitare ne plaque pas le décor : elle le coud, le raye, le déplace. La voix, elle, ne surplombe rien ; elle circule. Elle apparaît comme une présence changeante, une lumière mobile dans un couloir sombre.

Les dix titres du disque, de “Kind To Herself” à “Loneliness”, en passant par “Technosapiens”, “Doors”, “Mooch” ou “Champidou”, ne racontent pas une histoire linéaire. Ils composent plutôt une cartographie de passages. On y entend une musique qui accepte de claudicuer pour mieux avancer, de se salir aux parois du réel pour mieux retrouver du souffle. Il y a là quelque chose de rare : une joie qui ne nie ni l’usure, ni le chaos, ni la fatigue du temps, mais qui choisit malgré tout de se tenir debout.

TOUT BLEU transforme la mélancolie en sève, et le trouble en mouvement.

  • ANECDOTE : Des commandes pour la danse et le cinéma

Une partie de You Are Tree ne vient pas uniquement du studio : plusieurs morceaux trouvent leur origine dans des travaux composés en amont pour la danse et le cinéma. Comme si l’album avait poussé à partir de gestes, d’images et de mouvements déjà en circulation, avant de devenir ce drôle d’arbre sonore collectif.

“Ce Dit Univers”, ou la poésie sur plaque tectonique

Au cœur du disque, “Ce Dit Univers” agit comme une chambre d’écho particulièrement saisissante. Le morceau a quelque chose d’une plainte traversée de vent, d’un blues déplacé dans un relief synthétique, d’une incantation lancée d’un sommet à l’autre. Tout y semble vaciller : le langage, le monde, les certitudes. Et pourtant, au lieu de disperser, TOUT BLEU rassemble. Le morceau donne l’impression d’un sol qui tremble sous les pieds, mais qui, dans le même mouvement, nous rappelle que nous sommes encore capables de sentir ensemble.

C’est l’une des grandes forces de You Are Tree : faire de la dissonance une forme d’hospitalité. Là où d’autres installeraient le malaise pour lui-même, TOUT BLEU l’ouvre, le partage, le transforme en espace commun. Le groupe ne cherche pas les mers d’huile ; il préfère les détroits battus, les passages où la beauté n’arrive qu’avec ses échardes.

Un disque-réseau, un disque-corps

Cette impression de monde en expansion tient aussi à la richesse de la fabrication. Autour du noyau formé par Simone Aubert, POL, Luciano Turella et Beatriz Raimundo, l’album accueille plusieurs invité·es — Maxime Tisserand, Naomi Mabanda, Fhunyue Gao, Nicholas Stücklin, Agathe Max — ainsi que des musicien·nes de l’Orchestre de Chambre de Genève, avec des arrangements de Ludovic Thirvaudey et une direction assurée par Marc Leroy-Calatayud. Une partie de la matière du disque provient aussi de travaux pensés pour la danse et le cinéma, ce qui explique peut-être cette sensation constante de mouvement, de décor qui glisse, de scène intérieure en train de se recomposer. “Loneliness”, lui, dialogue ouvertement avec Moondog.

Publié via L’Invitation au voyage / Modulor, et soutenu par plusieurs labels européens, You Are Tree confirme la singularité d’un groupe qui ne juxtapose pas ses idées : il les greffe. Il ne mélange pas pour faire moderne ; il assemble pour faire surgir une forme neuve, inquiète, poreuse, intensément habitée.

Avec You Are Tree, TOUT BLEU signe un disque des lisières, un disque de cave et de ciel, de colère gainée et d’espérance récalcitrante. Un disque qui ne promet pas l’apaisement, mais une traversée. Et parfois, c’est bien plus précieux.

A propos de Tout Bleu

TOUT BLEU est un groupe genevois fondé par Simone Aubert, figure bien connue des territoires sonores aventureux avec Hyperculte et Massicot. Aujourd’hui entourée de POL, Luciano Turella et Beatriz Raimundo, elle y déploie une musique singulière, à la fois organique et accidentée, où se croisent voix habitées, guitare en éclats, électronique, alto et violoncelle. Depuis bientôt dix ans, le quatuor construit un langage très personnel, fait de tensions poétiques, de pulsations obliques, de mélancolie active et d’élans collectifs, dans une forme d’art-pop expérimentale qui ne ressemble qu’à lui.

tout bleu | you are tree @ le temps (ch)

Les Genevois de Tout Bleu réconcilient les contraires en musique

Le projet de Simone Aubert publie ce jeudi un troisième album, «You Are Tree». Un magnifique exemple d’expérimentation heureuse, verni le soir même au Rez-Usine

Original, on peut le devenir – c’est alors un choix conscient, celui de faire le bizarre. Mais on peut aussi l’être de manière immanente –, c’est alors la conséquence, collatérale et surtout bienvenue, d’une vision particulière. Cette poétique de l’accident sublime est au cœur de la musique de Tout Bleu, qui publie ce jeudi un nouveau disque, You Are Tree. Rappel: Tout Bleu est le projet de la multi-instrumentiste (batterie, guitare, chant…) genevoise Simone Aubert (Prix suisse de musique en 2024, et que l’on peut croiser dans d’autres formations du coin, de Massicot à Hyperculte), accompagnée de POL aux machines, Luciano Turella à l’alto et Beatriz Raimundo au violoncelle.

Un instrumentarium peu commun, pour une musique qui l’est tout autant. La première tentation serait de jouer la carte de l’hybride, et de dire qu’on retrouve en effet dans la musique du groupe des éléments issus du post-punk, du krautrock, de l’ambient, que l’on y observe un jeu de guitare lorgnant le blues du Ténéré (comme sur le magnifique Ce dit univers, pile d’énergie au milieu de l’album), des rythmes électros canal historique, une voix de pythie lessivée, des cordes qui adoptent les tropes de ce que les anglophones nomment modern classical […]

tout bleu + tangent mek + od bongo @ fbi radio (au)

Utility Fog with Peter Hollo

08.03.26
Experimental songs, experimental strings in almost-psych rock, acoustic & electronic settings, contemporary composition, avant-jazz, experimental electronics heading into footwork and jungle hybrids, weird bass music, experimental techno and noise… and hey, probably more!

Utility Fog teeters on the cusp between acoustic and electronic, organic and digital. Constantly changing and rearranging, this aural cloud of nanotech consumes genres and spits them out in new forms.

Peter Hollo curates each episode around a narrative of genre-plasticity, deep-diving into artist histories, side projects and influences. Challenging sounds are contextualised within musical movements, surprising connections are uncovered, unfairly overlooked works are revisited.

Come on a journey through music in all its ugly beauty.

Full links and extra info can be found at the Utility Fog blog

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Tracklist

00:00:00

Tanya Tagaq

Razorblades

00:04:24

Tanya Tagaq

Ikualajut

00:07:12

Fabels

Akron

NSW

00:13:08

Tout Bleu

Technosapiens

00:17:06

tangent mek

immutable traveler

00:24:10

Bushra El-Turk & Dudok Quartet

Three Tributes: Portrait II

00:28:18

Nima Aghiani

Live excerpt from eavesdrop festival, 2024

00:33:59

Taupe

Interlude (Stride)

00:39:19

Taupe

allcapsallbold

00:44:08

Tigran Hamasyan

Prelude for all seekers

00:48:26

Flying Lotus

Brobobasher

00:51:16

Flying Lotus

BIG MAMA

00:51:50

Annebel

Yavegard

00:57:50

Revs & Matt Scratch

Friday Night (feat. Mandidextrous)

01:02:39

Jensen Interceptor

Four4 Diva Loop

NSW

01:06:29

Duffy & Tecta

False Teachings

01:11:20

Rainforest

Boycott

01:16:59

Only Now & jaijiu

Rebel Cry

01:20:04

OD Bongo

monsieur fils

01:25:58

NATS

BLKDRM

01:31:01

Yellow Swans

The Lab

01:35:35

Simiskina, Adrian Myhr & Jonas Cambien

Pitfall

01:39:08

Oker

Equinoctial Tide (Radio Edit)

01:44:51

Asteroid Ekosystem

Open To

NSW

01:50:20

Claire Edwardes & Gemma Peacocke

I Promise Not to Poison You xoxo II. Hemlock

NSW

01:55:04

Jasmine Guffond

Approaching Chaos

NSW

tout bleu @ la centrifugeuse (fr)

Depuis le 19 septembre 2006, la Centrifugeuse est une émission musicale diffusée 1 mardi sur 2 de 20h à 21h30. Retrouvez là sur les ondes de la radio Canal Sud 92.2 FM (Toulouse et ses environs) ou sur le site internet de Canal Sud. L’émission propose un grand mélange en défendant toutes les musiques indépendantes, de la musique contemporaine au noise rock, en passant par la folk, la pop, le jazz, la soul… Avec son envie de décloisonner les genres musicaux et montrer les liens qui existent entre eux. Il y a assez de cloisons sociales, pourquoi créer des frontières musicales ?