claptrap | pop expérimental

Après la frénésie de La Colonie de Vacances, voici venu le temps d'un peu plus de légèreté musicale pour Éric Pasquereau (The Patriotic Sun-day, Papier Tigre, La Colonie de Vacances). Son nouveau projet Claptrap le voit s'associer avec Rachel Langlais (Pyjamarama, Tachycardie Ensemble) aux claviers, Paul Loiseau (Borja Flames, La Terre Tremble !!!) à la batterie préparée et Julien Chevalier (La Colonie de Vacances) à la man-doline, pour une exploration plus sensuelle et sensitive de contours musicaux aux saveurs pop particulièrement explora-toires. En effet, si on retrouve dans l'attelage sonore de Clap-trap cette tentation lo-fi bancale bien dans l'air du temps et cette tendance au bricolage instrumental inventif façon Grizzly Bear, la musicalité du projet se pare de filtres multiples qui la font tendre successivement (et aléatoirement presque, tant l'impression d'immédiateté est forte) vers des expressions plus vaporeusement psyché et des digressions volatiles d'inspiration exotica assez fascinantes. La mélodicité planante de « Rewrite » cache ainsi des arrangements doux qui donnent un premier aperçu de toute la substance décalée de Claptrap. Le chant, délicatement pop et cotonneux, se mêle à des orchestrations subtilement versatiles, venant pulser la verve sautillante du piano d'« Out Of » ou sertir la dream syn-thpop rêveuse de « Wavelength ». L'art du contrepoint et de la dissonance discrète (« Public Eye ») est parfois de mise, mais sans jamais rien céder à ce fil rouge mélodique, certes parfois un peu contorsionné ou déphase, qui emplit chaque instant de ses vibrations pénétrantes. Sur « You, Operator », c'est justement le vibrato de la mandoline qui guide le morceau sur une piste hésitant sans cesse, comme l'aiguille d'un vumètre, entre instrumentations affables et dramaturgie diaphane. Et sur « Summer Ends » et « Captionned (If Anything) », des humeurs rythmiques bossa viennent lisser avec audace les accords de guitares et de claviers plus sinueux, pour habiller des compositions à la mélancolique frivolité. Intime et grivois, le piège Claptrap s'est refermé sur vous.

Seb Brunclaptrap
balladur | pourquoi certains arbres sont si grands ? @ goûte mes disques (fr)

En 2019, le groupe français Balladur déjouait tous vos pronostics et s’installait en première place de notre top albums, au nez et à la barbe de Tyler The Creator ou Billie Eilish. En sortant de sa « cold-wave de comfort » pour livrer un grand disque pop, le duo de Villeurbanne se réinventait en même temps qu’ils nous époustouflait. Alors forcément, l’annonce du nouvel album, intitulé Pourquoi certains arbres sont si grands?, a forcément constitué un highlight de nos vacances. Le premier extrait s’intitule « ça m’a tellement manqué » et son titre nous confirme qu’il n’y a pas de hasard en ce bas monde.

delphine dora @ revue & corrigé

« Nouvel opus de Delphine Dora construit autour d’un poème de Novalis « Cantique Spirituel », comme un point de basculement qui emporte sa musique dans un romantisme sombre ; les notes égrenées sur le piano se perdant dans un dédale rêveur, jouant entre lumières et ombres. Delphine Dora s’est entourée d’Andrew Chalk (orgue, guitare, basse) et Jean-Noël Rebilly (clarinette) pour accompagner son spleen musical, lui offrir des habits soignés. On songe à l’école anglaise apparue à la fin des seventies, aux albums parus sur Obscur Records, ceux de : Gavin Bryars, Harold Budd, Jan Steele, Brian Eno, pour évoquer la musique que referme cet album, Erik Satie aussi mais qui se laisserait aller à l’improvisation. La présence d’Andrew Chalk à la production n’y est pas étrangère, notamment sa complicité passée avec David Jackman qui fit parti du Scratch Orchestra. Brian Eno essayait à la suite de John Cage, de redéfinir les contours du musical, de proposer un espace/temps à habiter – ce que la critique définira comme musique ambiante – le substituant à cet objet défini temporellement issu de la composition, comme un objet sonore fini sur lui-même, séparé. Pour autant Delphine Dora contrairement à ses ainés ne propose pas une musique fonctionnelle, n’est pas dans une distance intellectuelle, objective, mais se laisse conduire par l’émotion, l’écoute, le son dans sa beauté imaginative. On rentre dans sa musique comme dans une chambre close, se laissant conduire par sa main, les notes nous prennent en elles. Novalis disait que : « Plus une chose est poétique, plus elle est réelle », la musique est sans doute la forme que prend l’Art qui touche le plus au poétique. La musique de « As Above, so Below » est un poème sans mot, qui émerveille, une fenêtre sur un monde rêvé qui s’éloigne de nous, de jour en jour, pris dans la tourmente du temps. »

reviewSeb Brundelphine dora
balladur | pourquoi certains arbres sont si grands ? @ section 26 (fr)

Étiqueté à leurs débuts cold wave – à tort et à travers ceci dit, car les lyonnais Romain et Amédée, qui depuis plus de 10 ans composent et tournent en duo sous le nom de Balladur, sont curieux et se nourrissent au gré du temps de différents registres allant des musiques expérimentales à celles d’Indonésie. On vous avait parlé de La Vallée Etroite en 2019, ils reviennent aujourd’hui avec un 4ème album nommé Pourquoi Certains Arbres Sont Si Grands à paraître fin septembre chez le trio Carton Records, Le Turc Mécanique (Tôle Froide, Delacave, Marble Arch) et Another Record (Satellite Jockey, Boost 3000, Odessey & Oracle). Ca M’a Tellement Manqué, premier titre en écoute, tombe à point nommé en cette période caniculaire. Les deux compères sortent de derrière leurs machines un premier bijou pop, empreint de sonorités cosmiques, tropicales et percutantes, tout en gardant une certaine froideur en trame de fond. L’alchimie entre les claviers et la voix de Romain qui raconte leurs souvenirs, emporte tout avec grâce et mélancolie.

parquet | mud @ idioteq

FRENCH ELECTRONIC TINGED AVANT GARDE ROCKERS PARQUET SHARE INTRIGUING NEW VIDEO FOR “BRUTE”

French Avant Rock band Parquet is making a bold return with their new EP titled “Mud,” released today via Carton Records. This highly anticipated EP sets the stage for the band’s forthcoming full-length album, set to drop in the fall. To kick off the release, Parquet has unveiled a captivating music video for the EP’s opening track, “Brute.”

Directed by Maxime Séve, the music video takes viewers into an empty urban space, where the body of dancer Véronique Lemonnier becomes a central element. The video captures the essence of the song, combining the urban environment with the primal nature of mud. Lemonnier’s movements reflect an unwavering drive, as she pushes herself to new limits with silent power and tenacity.

“Mud” consists of two tracks, “Brute” and “Mud,” and its creation was not without its challenges. The EP underwent a long and tumultuous writing process. However, the end result perfectly aligns with the band’s manifesto: taking their time, embracing acceptance, and allowing themselves to be carried away by the desire to explore and reach a certain state.

Today, the EP is available on vinyl and all major digital platforms. The release marks a significant milestone for Parquet, as it is their first release since 2018. The EP’s artwork, which focuses on length and repetitions rather than aesthetics, sets the stage for their future projects.

Looking ahead, fans can expect the release of the album “Sparkles & Mud” in October 2023, followed by another EP towards the end of the year. In a unique approach, the album covers for these three releases will feature a similar design, with only the names and serial numbers of the label changing. This cohesive visual identity further emphasizes the interconnectedness and evolution of Parquet’s music.

With “Mud,” Parquet showcases their ability to captivate listeners with their eletronics filled avant-garde rock sound.

parquet | mud @ thoughts words action

“Mud” is the new EP from Parquet, a French Avant Rock band based in Lyon featuring Seb Brun (composition, drums & electronics), Nicolas Cueille (guitar), Guillaume Magne (guitar), Jean-François Riffaud (bass & synth bass), Simon Henocq (electronics), Clément Édouard (electronics), and Julien Desprez (guitar). It is their first release since 2018, and it foreshadows the release of a phenomenal full-length album in the fall.

Composed of the tracks “Brute” and “Mud”, “the EP writing went through a long and hectic process. However, everything appeared to fit with the core idea which was defined by the following manifesto : take your time, don’t rush, learn to accept, let yourself be carried away by the desire to try and find a state.

The EP is being released [today] on vinyl and all digital platforms and it is accompanied by a stunning music video shot by director Maxime Séve. It features an empty urban space, the body of dancer Véronique Lemonnier and mud.

By focusing on length and repetitions while ignoring aesthetics, the dancer demonstrates unwavering drive, outperforming herself in her movements and displaying silent power and tenacity.

parquet | mud @ pretty in noise (de)

Mud ist die neue EP von Parquet, einer französischen Avant-Rock-Band aus Lyon, bestehend aus Seb Brun (Komposition, Schlagzeug & Elektronik), Nicolas Cueille (Gitarre), Guillaume Magne (Gitarre), Jean-François Riffaud (Bass & Synth Bass), Simon Henocq (Elektronik), Clément Édouard (Elektronik) und Julien Desprez (Gitarre). Es ist ihre erste Veröffentlichung seit 2018 und ein Vorgeschmack auf die Veröffentlichung eines phänomenalen Albums im Herbst.

parquet | mud @ grind on the road (it)

I Parquet, formazione francese avant rock, hanno pubblicato un nuovo EP intitolato Mud lo scorso 30 giugno tramite Carton Records. Il lavoro è uscito in digitale e in vinile e preannuncia l’uscita di un album che verrà pubblicato in autunno. Composto dai brani “Brute” e “Mud“, “la scrittura dell’EP è stata un processo lungo e frenetico. Tuttavia, tutto è apparso in linea con l’idea centrale, definita dal seguente manifesto: prenditi il tuo tempo, non avere fretta, impara ad accettare, lasciati trasportare dal desiderio di provare a trovare uno stato.

parquet | mud @ exhimusic (it)

“Mud” è il nuovo EP dei Parquet, una band francese di Avant Rock con base a Lione composta da Seb Brun (composizione, batteria ed electronics), Nicolas Cueille (chitarra), Guillaume Magne (chitarra), Jean-François Riffaud (basso e synth bass), Simon Henocq (electronics), Clément Édouard (electronics) e Julien Desprez (chitarra). Si tratta della loro prima pubblicazione dal 2018 e preannuncia l’uscita di un album fenomenale in autunno.

Composto dai brani “Brute” e “Mud“, “la scrittura dell’EP è stata un processo lungo e frenetico. Tuttavia, tutto è apparso in linea con l’idea centrale, definita dal seguente manifesto: prenditi il tuo tempo, non avere fretta, impara ad accettare, lasciati trasportare dal desiderio di provare a trovare uno stato.

L’EP è uscito il 30 giugno in vinile e digitale ed è accompagnato da uno splendido video girato dal regista Maxime Séve. Il video presenta uno spazio urbano vuoto, il corpo della ballerina Véronique Lemonnier e del fango.

parquet | mud @ el enanorabioso (es)

El lanzamiento se acompaña del videoclip de “Brute”.

La banda francesa Parquet publica hoy su nuevo EP MUD. En él encontramos dos nuevos temas en los que el grupo no ha tenido prisa alguna (su anterior EP data de 2017), tal y como dicta este manifiesto: “tómate tu tiempo, no tengas prisa, aprende a aceptar, déjate llevar por el deseo de intentar encontrar un estado.”

El proyecto formado por Seb Brun (composición, batería y electrónica), Nicolas Cueille (guitarra), Guillaume Magne (guitarra), Jean-François Riffaud (bajo y synth bass), Simon Henocq (electrónica), Clément Édouard (electrónica) y Julien Desprez (guitarra) retoma de esta manera su actividad para encarar un año en el que publicarán el que será su primer LP.

reviewSeb Brunparquet, mud
parquet | mud @ v13 (ca)

Mud is the new EP from Parquet, a French Avant Rock band based in Lyon featuring Seb Brun (composition, drums & electronics), Nicolas Cueille (guitar), Guillaume Magne (guitar), Jean-François Riffaud (bass & synth bass), Simon Henocq (electronics), Clément Édouard (electronics), and Julien Desprez (guitar).

It is their first release since 2018, and it foreshadows the release of a phenomenal full-length album in the fall. Composed of the tracks “Brute” and “Mud,” the new EP will be released June 30th. Mud will be available on vinyl here and on all digital platforms; check it out.

The EP is accompanied by a stunning music video shot by director Maxime Séve. It features an empty urban space, the body of dancer Véronique Lemonnier and mud! By focusing on length and repetitions while ignoring aesthetics, the dancer demonstrates unwavering drive, outperforming herself in her movements and displaying silent power and tenacity.

reviewSeb Brunparquet, mud
parquet | mud @ w-fenec (fr)

Parquet est brute

Le quintet instrumental lyonnais d'electro-rock Parquet fait son grand retour. D'abord avec un EP de 2 titres nommé Mud le 30 juin, puis un album nommé Sparkles & mud le 27 octobre, et enfin un deuxième EP à l'hiver prochain qui s'intitulera Sparkles. Un clip a été réalisé pour mettre l'eau à la bouche, il illustre le titre "Brute", et est à découvrir à la suite.

reviewSeb Brunparquet, mud
parquet | mud @ it’s psychedelic baby! magazine (sl)

The French avant-rock band Parquet from Lyon are back with a new release. The latest EP, ‘Mud’ is available now on vinyl and all digital platforms via Carton Records. To accompany the release the band is sharing a video for ‘Brute’.

The band consist of Seb Brun (composition, drums and electronics), Nicolas Cueille (guitar), Guillaume Magne (guitar), Jean-François Riffaud (bass and synth bass), Simon Henocq (electronics), Clément Édouard (electronics), and Julien Desprez (guitar). It is their first release since 2018, and it foreshadows the release of a phenomenal full-length album in the Fall.

Composed of the tracks ‘Brute’ and ‘Mud,’ the EP writing went through a long and hectic process. However, everything appeared to fit with the core idea which was defined by the following manifesto: “take your time, don’t rush, learn to accept, let yourself be carried away by the desire to try and find a state.”

The EP is being released on vinyl and all digital platforms and it is accompanied by a stunning music video shot by director Maxime Séve. It features an empty urban space, the body of dancer Véronique Lemonnier and mud.

By focusing on length and repetitions while ignoring aesthetics, the dancer demonstrates unwavering drive, outperforming herself in her movements and displaying silent power and tenacity.

reviewSeb Brunparquet, mud
parquet | mud @ muzikalia (es)

Nuevo sencillo del grupo francés Parquet

Parquet es un grupo francés de rock experimental con sede en Lyon. Sus miembros son Seb Brun (compositor, percusión y electrónica), Nicolas Cueille (guitarra), Guillaume Magne (guitarra), Jean-François Riffaud (bajo y bajo electrónico), Simon Henocq (electrónica), Clément Édouard (electrónica) y Julien Desprez (guitarra).

Hoy Parquet publican el mini EP Mud. Se trata de su primer disco desde 2018, y avanza el lanzamiento de un álbum el próximo otoño. El EP está formado por solo dos temas, «Brute» y «Mud». El proceso de creación de estas nuevas canciones ha sido largo y agitado, realizado con la idea de tomarse su tiempo, no apresurarse y esperar el momento perfecto. Mud está disponible desde hoy en vinilo y en plataformas digitales.

El lanzamiento del EP llega acompañado de un vídeo para la canción «Brute», obra del director Maxime Séve. En las imágenes vemos un espacio urbano vacío, el cuerpo de la bailarina Véronique Lemonnier y barro. Todo el movimiento se centra en la repetición, con la bailarina demostrando un impulso inquebrantable de superación.

A continuación puedes ver y escuchar «Brute», la nueva canción del grupo francés Parquet.

reviewSeb Brunparquet, mud
parquet | mud @ new noise (fr)

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[Avant-première] Parquet : nouvel EP en écoute

Le nouvel EP deux titres du groupe lyonnais noise/math/techno Parquet paraîtra le 30 juin via Carton Records. Il annonce la sortie d’un album Sparkles And Mud, le 27 octobre. Le voici en écoute.

Recommandé si vous aimez : La Jungle, Meule La Colonie De Vacances, Jean Paul Groove, Portron Portron Lopez…

reviewSeb Brunparquet, mud
boris boublil : mù | 93 manifesto @ point break (fr)

France-Galles, troisième du nom. Mieux que des sucettes à l’anis, mieux qu’un 41-28 en fin des 6 Nations. Voici une transverse Brest/Pays de Galles où évoluent Boris Boublil, leader-rêveur de ce Mù de 9 âmes bien faites, et John Parish, premier des seconds rideaux du post-rock depuis une paire d’années. Le premier a ciselé les partitions de ce 93 Manifesto, le second en a remanié le son et les atmosphères. Sort de cet entrelacs 11 plages, intenses, languides et nonchalantes. Boublil nomme cela « mélancolie positive », c’est pas mal, c’est joli comme idée. Ajoutons, si on doit ajouter quoi que ce soit à un rêve fait mille fois par son auteur, « élégie impatiente ». L’âme a, ici, ce qu’il convient de bleu à tout artisan-poète mais, il y a aussi du noir, du clair-obscur, dans la noise réfractaire de El Dia De Los Muertos par exemple. Il y le cuivre solaire de la danse imparable des Penguins, aussi. Et dix autres, et cent autres climats et couleurs. Qu’ils soient dûs à des gens qu’on aiment beaucoup ici, Morgane Carnet, Robin Fincker, Sacha Toorop, qu’ils soient le fait de cet assemblage imparable après l’écoute des 11 titres façonnés, avec un soin audible, aux gallois studios Rockfield. Là, où on peut voir, parait-il les berges d’une France rêveuse et positive, aperçues sur Bristol Hotel.

boris boublil : mù | 93 manifesto @ benzine (fr)

Boris Boublil et le collectif Mù viennent de sortir 93 Manifesto, un album qui fait le grand pont entre rock et jazz pour un résultat très concluant. On fait plus ample connaissance avec le pianiste à travers une sélection d’albums de son choix.

Boris Boublil

© Vaidehi Nota

5 disques du moment :

Kim Gordon : no home record

Découvert pendant le confinement, no home alors qu’on était pourtant bien enfermé à la maison, ce disque m’a happé de part sa créativité, sa musicalité, Kim Kordon du haut de ses 66 ans à l’époque et toujours la rage au ventre, c’est brut, très rock. C’est beau !

Jonny Greenwood : The power of the dog

Musique originale pour le film de Jane Campion, magnifique film, aux premières notes de violoncelle joué comme un banjo de ce superbe film, on reconnaît la pâte de cet excellent musicien compositeur. Pas trop heureux de voir que c’est une exclusivité Netflix, néanmoins, j’adore le cinéma de Jane Campion, la photo est splendide et la musique de western qui n’est pas une énième copie du maître Morricone, souligne la gravité du propos, j’adore. Et la musique s’écoute absolument aussi toute seule, je trouve ce Jonny Greenwood complètement inspirant.

Talk Talk : Laughing stock

De passage à Marseille il n’y a pas très longtemps, jouant à l’Espace Julien avec la merveilleuse Nadine Khoury, je suis passé chez le disquaire qui se trouve juste en face (c’est devenu une drogue, car chaque ville où les tournées me portent, je me retrouve très souvent entre les balances et le concert chez les disquaires ) je rentre donc dans la boutique, et me retrouve en 10 secondes nez à nez avec le disque de Mark Hollis « Mark Hollis » en vinyle et j’étais fou, j’adore ce disque, et il manquait à ma collection de vinyles. En rentrant à la maison je l’ai écouté, toujours aussi beau, puis voulant rester dans le mood, j’ai écouté ensuite « the Laughing Stock » de Talk Talk, que j’ai finalement trouvé beaucoup plus puissant, la musique Mark Hollis, me porte énormément, me transcende, me berce, ce disque est presque un disque de toujours, mais c’est aussi un disque du moment, je le met là car je ne saurais choisir un disque de Talk Talk pour toujours, tellement ils sont tous beau.

Lonny : Ex Voto

C’est pendant le tournée d’Emily Loizeau pour le disque Icare, que j’ai rencontré Lonny, j’aime beaucoup aller écouter aux portes et découvrir les musiciens avec lesquels nous partageons la scène. Et je dois dire que Lonny est extraordinaire, sa voix, ses mélodies, ses textes, tout m’a bouleversé, ça faisait longtemps que je n’avais pas entendue une chanson folk en français si aboutie. Nous nous sommes donc échangés nos disques, et le siens tourne régulièrement sur ma platine.

Timber Timbre : creep on creepin’ on

Ca faisait très longtemps qu’on me parlait de Timber Timbre que je m’étais mis pour je ne sais quelle raison à bouder sans même connaître, peut être car ce fut pendant un instant, un phénomène de mode dont tous le monde parlait, et que souvent par orgueil mal placé, je décide ne pas être pressé de découvrir. Finalement, je découvre ce groupe à un dîner chez John Parish à l’issue du mix de Playing Carver, le disque joue dans la cuisine et ça passe au dessus des conversations, Je lui demande ce que c’est : Timber Timbre. C’est très beau, gothique et rock, le slap back permanent, les réverbérations à ressorts, un son qui me touche particulièrement. Depuis je pensais avoir tout leurs disques mais c’est à Toulouse ( chez le disquaire ) que je me rends compte qu’il me manque « Creep on creepin’ on » qui vient d’être rééditer.

5 disques pour toujours :

Davis Bowie : Ziggy Stardust

J’ai 13 ans en 1993, ma sœur en a 17, elle écoute ce disque, je l’entends, je suis complètement affolé, je lui pique le disque et l’écoute en boucle. J’avais déjà découvert David Bowie, sur MTV qui passait Ashes to Ashes (qui est pour moi la chanson la plus belle du monde) mais là Ziggy Stardust, le glam rock à l’état pur, le personnage, le piano, la guitare, c’est dense, c’est rock, c’est poétique. Ce disque ne me quittera jamais

Bach : les variations Goldberg Glenn Gould version 1981

Mes années passées au conservatoire de Fontenay-sous-Bois, j’y apprends le piano, la musique classique, les grands compositeurs, certains me laissent de marbre et d’autres touchent le plus profond de moi-même. Mes parents écoutent énormément Bach et les Beatles ; dans mon fantasme d’enfant, j’aimerais devenir soit Glenn Gould soit John Lennon, j’aime ces deux personnages, leurs folies me touche, me parle, je les vois comme des allié de vie, ils m’accompagnent sur les chemins du collège, dans les moments difficiles de la vie. Mais je dois dire que les « Variations Goldberg » qui parait-il ont été composé pour ce monsieur Goldberg qui avait des insomnies, sont pour moi une œuvre magistrale, surtout cette version jouée par Glen Gould en 1981, une version lente, tellement inspirée, où on l’entend chanter. Petit, je pensais qu’il s’agissait du fantôme de Bach qu’on entendait dans ces murmures. J’ai souvent essayé de l’écouter pour m’endormir victime moi-même parfois d’insomnie, mais je dois dire qu’elles ne m’ont jamais endormi.

Carla Bley : Musiques Mécaniques

C’est Remi Sciuto qui en m’engageant pour jouer dans son Trio Wildmimi Antigroove Syndicate, m’offrit cet album (entre autres). J’étais déjà très attiré par le jazz pour grands ensembles, que ce soit les big band de Duke Ellington ou toute la discographie de Charles Mingus, Et là, Je découvre un jazz plus pop, terriblement libre, mais se tenant à une écriture plus « chansons ». Aux premières notes du disque, je me souviens m’être dit, je crois que ce disque va t’accompagner longtemps ; il y a de ces disques magiques qui, en les écoutant pour la première fois, s’agrippent et vibrent dans nos corps, un peu comme quand on tombe amoureux. Celui-ci en fait partie.

Goldfrapp : Felt Mountain

Parmi les disques que Remi, m’avait offert ce jour-là, se trouvait « Felt Mountain ». Je me souviens, il m’avait dit, tu vas voir dans ce disque il y a du mélodica, or à cette époque j’essayais d’introduire le mélodica dans Surnatural Orchestra, dans lequel je faisais mes débuts. Nous jouions à l’époque souvent dans la rue et me trouvait régulièrement à court d’électricité. Ce fut un moment dans ma vie musicale, pas très heureux pour moi ni pour les autres d’ailleurs et Rémi et moi en rigolions beaucoup. Mis à part cette anecdote, j’ai vite identifié ce disque comme un hommage à la musique de Morricone (pour qui je voue un amour infini), bouleversé par la voix d’Alison Goldfrapp, mais aussi complétement subjugué par les arrangements de Will Gregory, c’est une musique éternelle qui, je pense, ne vieillira jamais. C’est plus tard que j’appris que John Parish avait joué quelques batteries et guitare sur ce disque.

PJ Harvey : White Chalk

J’ai véritablement découvert PJ Harvey en rencontrant la femme de ma vie, elle en était fan, nous l’écoutions beaucoup, puis un jour, en rentrant chez Philippe le libraire (une super librairie du 10ᵉ Arrondissement de Paris, mon ancien quartier) il me dit, tiens regarde (car il avait aussi quelques disques), voici le dernier disque de PJ Harvey, il me tend aussi le deuxième disque de This is the Kit « krulle bol », ces deux disques on un point commun, ils sont produits par John Parish. J’achète évidemment les deux et les offre à ma copine pour son anniversaire. White Chalk, est pour moi comme le disque que j’aurais toujours rêver d’entendre, c’est un disque de transition et d’introspection, la voix de Polly y est transformée, les mélodies sont sublimes et les arrangements exceptionels, j’aime sa façon de jouer du piano, elle a parait-il appris à jouer du piano pour faire ce disque, son piano n’est pas virtuose, il est juste complètement ressenti et habité. Un disque que j’ai eu beau écouter des milliers de fois, j’y entends toujours de nouvelles choses.

jozef dumoulin | this body, this life @ salt peanuts* (no)

Jozef Dumoulin is known as a wizard of the vintage Fender Rhodes, pushing and expanding its sonic palette in highly personal, inventive and innovative ways that only a mad sonic scientist like him can imagine. But a couple of years ago a producer and label owner proposed Dumoulin to make an album where he would play piano and the Fender Rhodes. Dumoulin was reluctant at first and thought that reuniting water and fire might withdraw the Fender Rhodes to the limited role of electric piano, but eventually, he liked the challenge. But soon it became clear that his ideas were much more adventurous for the producer.

Dumoulin developed a working method that has been as simple as it has been time-consuming. He recorded Fender Rhodes improvisations and piano improvisations and then took the time to see what piano parts would fit the Fender Rhodes parts. After he established a certain number of compatible pairs, he decided that everything was allowed to make them into self-sufficient, working pieces of music, and added synthesizers, electronic beats, voices, guitar and a lot of field recordings to the mix.

This Body, This Life is an engaging explosion of different timbres and sonorities. The 14 short pieces offer colorful and mysterious walks inside a labyrinthian palace full of magic doors and gates. The music enables a limitless journey through time – as it visits and borrows elements from many musical traditions, from the most minimalist and meditative to the chatty and noisy, but is not bound by any of them and all challenge the concept of actual time – and space – as each piece offer layers of intriguing, sometimes contrasting or subversive sounds. The music feels vivid and tangible, sensual and mysterious, timeless and surprising, and true to the open and inclusive musical vision of Dumoulin. Dumoulin’s daughter, Ayaan, contributed vocals to one of the pieces and did the cover drawing.

Eyal Hareuveni

jozef dumoulin | this body, this life @ le soir (be)

Avec cette couverture dessinée par Ayaan, la fille de Jozef Dumoulin, on entre déjà dans la fraîcheur et le sourire. La musique de Jozef respire cette simplicité apparente. Elle est complexe, évidemment, mais elle s’impose immédiatement à nous. Par sa sonorité, ses tissages, son ambiance, ses beats. Jozef a tout fait : piano, Fender Rhodes, guitare, voix, programmation, enregistrement sur le terrain. Il est rejoint par Ayaan sur une piste ou l’autre, avec sa voix enfantine pleine de vie. Ce This body, this life est le second album solo de Dumoulin. Le premier, sorti en 2014, A Fender Rhodes Solo, est vite devenu culte. On lui a donc demandé un deuxième, où il mixerait le piano et le Rhodes. « Ma méthode a été aussi simple que longue », explique Jozef Dumoulin : j’ai enregistré des improvisations au Rhodes et d’autres au piano. J’ai fait des présélections pour les deux enregistrements et ensuite j’ai pris le temps de voir quel piano pourrait convenir à quel Rhodes. Une fois que j’ai établi un certain nombre de paires compatibles, j’ai considéré que tout était permis pour en faire des morceaux de musique autonomes. Après tout, j’ai dû réunir l’eau et le feu, ou du moins c’est ce que j’ai ressenti. » Résultat : 14 pistes originales qui vous emmènent en voyage dans des ailleurs temporels et spatiaux étonnants, colorés, éthérés et paradoxalement intimes. Ou, comme dit Dumoulin lui-même, « dans les profondeurs de soi ». J.-C.V.