Posts in review
bobo & behaja | aia haja? @ rfi | bpm - bonnes pulsations du monde (fr)

BPM – Bonnes Pulsations du Monde

Slovénie : le renouveau des musiques folk entre Europe centrale et Balkans

Publié le : 27/02/2026 - 16:10

Cette semaine, BPM vous emmène à Ljubljana, au cœur du MENT Festival, là où les traditions se réinventent et où les scènes indépendantes dialoguent au-delà des frontières. Avec aussi : une énergie hybride venue d’Afrique du Sud, de l'électro solidaire de l’Ukraine, le tsapiky incandescent du Sud-Ouest malgache et, dans « l’Histoire d’un live », une légende brésilienne, Antonio Carlos Jobim, qui fait tomber une pluie tropicale sur Montréal.

5/ BOBO & BEHAJA - "Kabosy", extrait de Aia Haja? (Maison Tempête - 2026)

bobo & behaja | aia haja? @ musiques d'afrique, fabien mollon (fr)

Musiques d’Afrique : février 2026 en cinq albums

Fabien Mollon

Journaliste print & web

2 mars 2026

Un mois placé sous le signe de Madagascar, avec deux sorties de « tsapiky ». Mais aussi des incursions du côté du Sénégal, de l’Algérie et du Maroc.

« Aia Haja ? », de Bobo & Behaja

Retour à Madagascar, toujours sur un air de tsapiky, avec un album qui a bien failli ne pas voir le jour.

Le groupe Bobo & Behaja a en effet dû entrer en studio sans l’équipement nécessaire : haut-parleurs à pavillon, amplificateurs de karaoké et pédales d'effets artisanales s’étaient égarés lors d’une correspondance aéroportuaire à Zurich. Le précieux matériel est finalement arrivé à Paris avec une semaine de retard, contraignant les musiciens à enregistrer les sept morceaux en seulement deux jours.

Le quintette s’articule autour de ses deux leaders éponymes : le Fançais Maxime Bobo, saxophoniste au sein des groupes Electric Vocuhila et Mitsaitsaiky, et le Malgache Behaja, prodige de la guitare électrique originaire de Sakaraha, dans le sud-ouest de l’île. Avec leur disque Aia Haja ?, ils contribuent à renouveler un genre en perpétuelle mutation, certes, mais jusqu’alors peu coutumier des cuivres. De cette alliance singulière entre cordes et pistons naît une énergie inédite, flirtant avec le rock et le free jazz.

7 titres, 49 mn / Maison Tempête / 20 février

she's analog | no longer, not yet @ late review (us)

She's Analog

March 3, 2026

No Longer, Not Yet

Carton, 2025

9/10

Listen to No Longer, Not Yet

This sophomore album from Italy’s She’s Analog treats us to 6 tracks of creative and improvised jazz sounds from 3 very exploratory minds.

“Tingle” starts the adventure with close attention to mood, as Giovanni Iacovella’s frisky drums and Stefano Calderano’s radiant guitar are used strategically, and “Narrow Pass” follows with waves of beauty thanks to the warm guitar, light drums and dreamy backdrop.

“Danse Macabre” and “Slow, Kick” land in the middle. The former carries an atypical rhythm that’s pretty and cinematic, while the latter benefits from Luca Sguera’s unpredictable keys that help cultivate a mood of mystery.

“Blu” exits, and it’s 18+ minutes of percussively strong bouts, light guitar, ethereal ebbs and a rare intimacy that’s reflective and sonically chilling.

Somewhere between jazz, post-rock, minimalism and electronica, every moment here is of intrigue and fascination.

Travels well with: Parquet- Sparkles & Mud; No Tongues- Ici

tatiana paris | t h a l l e @ jazzmania (be)

Tatiana Paris : thalle

Publié par Claudy Jalet le 23 janvier 2026

Carton Records

A la vue de cette pochette, j’ai immédiatement pensé à celle de « Still Life » de Van Der Graaf Generator. Ici aussi, c’est ce végétal sans racines, sans feuilles, nommé le thalle qui sert d’illustration et il est, finalement, une bonne évocation de la musique jouée par cet artiste. Tatiana Paris déploie ici son second volet sonore (après « Gibbon » en 2022). Un album de dix compositions, titrées sans majuscule, qui se déploient d’une traite pendant 45 minutes. Un étonnant voyage, parfois hirsute, sur lequel Tatiana joue de la guitare préparée, l’accompagne de synthèses modulaires, d’objets, d’un vieux « hertzian acousmonium » (un ancien enregistreur), d’un orgue, parfois d’un chant éthéré, auto-tuné. Cette musique cinématographique semble se mouvoir, se fondre dans le milieu sous-marin. On s’imagine les végétaux ondulant au rythme d’un courant liquide. On imagine une lente progression de notre être dans le monde aquatique (« thalle I »). Puis c’est une guitare acoustique, striée, qui accompagne la voix de Tatiana sur « canine ». Parfois, les sonorités sont perturbées, triturées. C’est alors de l’ambiant bruitiste qui surgit (« hibbon »). On accepte une sombre mélopée presqu’uniforme de huit minutes (« thalle II ») avant les délires dissonants, low-fi, mais assez fascinants de « grand duc ». C’est sur un décousu « salluit » qu’elle nous laisse, tout en y posant sa voix et en agissant de ses doigts sur nombre de boutons, qu’elle semble bidouiller en tous sens. De la « chanson française » réellement autre qu’Areski et Brigitte Fontaine doivent apprécier tout en se marrant, en se disant, qu’avec ce titre, ils ont fait des émules ! En essai de conclusion, je dirai : dans son ensemble, ce « thalle » se veut comme une suite parfois étrange de structures sonores, un peu bruitistes, un peu lumineuses, un peu caverneuses, ambiant, répétitives, au fil des ondulations du végétal et de son milieu. Une étrange déambulation musicale peut-être pas aussi fictive que nous pourrions le penser.

tangent mek | immutable traveler @ felt hat reviews (en)

tangent mek must be one of those albums that will stay with me forever. It is not only exceptionally well-produced and well composed but beautifully assembled in terms of means and techniques and steered and manoeuvred excellently by the intuitive musical sense of Anouck Gethon, Anna-Kaisa Meklin and last but definitely not least Marina Tantanozi.

The whole album is a tale - it moves, strays, and has its own odds and ebbs but it stays on the line with compositional aspect and never goes beyond what was the main theme - a travel, a journey. 

The music itself - stems from improvised sessions which then led towards more organised compositions, organised in terms of the three members of the project wanted to achieve.

The harmony of this album is like a medicine - some sort of perennial wisdom that bleeds through the phrases and the spoken word, and the phrases. 

I have to remind myself that harmony is not necessarily a question of tonality - it is something that goes beyond purely metrical and musical language. This album embodies that.

It's rich in flavour you can just taste briefly - it opens up every time you listen to it in full. 

A beautiful and a rare gem. 

bobo & behaja | parepare @ paste magazine (us)

5 songs you need to hear this week

[…]
Bobo & Behaja: “parepare”
“parepare” goes all over the place and I’ve followed each thread to its end. This is the lead track on Bobo & Behaja’s new tape Aia Haja?, invented someplace between Budapest and Zurich and recorded using horn loudspeakers, karaoke amplifiers, and homemade pedals that “reproduce the sonorities of the bal-poussière ceremonies of southwest Madagascar.” Bobo & Behaja blend free jazz, garage rock, and tsapiky together, corking feral guitar lines with saxophone honks that strobe then spiral. On the topline, Ekaly’s vocal unspools like an instrument governed by its own chaos, while François Rosenfeld and Gérard Rakotoniaina’s half-staccato, half-anarchic rhythm section brightens the tune from below. These are Malagasy virtuosos bouncing off each other’s impulses. I’ve never heard anything like it. —Matt Mitchell

bobo & behaja | aia haja? @ tinnitist (ca)

Albums Of The Week: Bobo & Behaja | Aia Haja?

By

Darryl Sterdan

-

2026-02-19

THE EDITED PRESS RELEASE: “Isolated from the rest of the group at the front of the plane taking us from Budapest to Zurich, Behaja left without waiting for us, confidently following a group of travellers who had gone to catch their connecting flight,” recalls one of the Franco-Malagasy guitarist’s bandmates — a list that includes vocalist Ekaly, also saxophonist Maxime Bobo, bassist François Rosenfeld and drummer Gérard Rakotoniaina. “Lost in switzerland’s largest airport, he had no phone and he speaks neither French, English nor German.

“After an hour and a half of searching and several public announcements to the thousands of travellers, the airport police, initially uncooperative, finally found him at the end of a corridor. Finally reunited, we managed to catch the transfer to Paris at the last minute, but some of the suitcases — checked in hastily — were loaded into the hold of a different plane.

“A few days later, we set off to record our first album, deprived of much of our equipment — horn loudspeakers, karaoke amplifiers and homemade effects pedals that reproduce the sonorities of the ‘bal-poussière’ ceremonies of south-western Madagascar — which the airline sent us after a week’s wait. So it was only during the last two days in the studio that the conditions were right for recording the tracks for this album.

“The repertoire, largely created in Madagascar and then performed on stage during a European tour of some 30 concerts, is based on the new rhythms, structures, instrumental and vocal techniques of contemporary tsapiky, of which Behaja is one of the most emblematic musicians.”

simon henocq | we use cookies @ pointbreak (fr)

we use cookies
simon henocq
— chronique


par guillaume malvoisin
photo © COAX

cet article est extrait du numéro 9 de notre revue papier

Simon Henocq électronique
Luca Ventimiglia électronique (tr. 8)

carton records
avril 2025

Il y a des dissolutions qui réussissent mieux à certains qu’à d’autres. Pour Simon Henocq, c’est certain. Sa musique, au « langage physique et instinctif » revendiqué, fait même de la dissolution une pratique aussi familière que pourrait l’être le simple geste d’ouvrir la cabine d’une douche pour vous et moi. Sans faire le zouave avec les épithètes, c’est important de remettre sur l’établi des notions comme le liquide, le familier et le dissolu pour évoquer We Use Cookies, dernier disque d’Henocq. Pilier du Collectif Coax, militant olympien, artiste bruitiste, l’électronicien délicat pousse un peu plus loin l’intimité du désordre. Liquide, la musique qui s’écoule de We Use Cookies l’est d’évidence. Organisée en couches fluides et multiples, avançant dans une progression régulière au fil des 10 plages du disque, à la cohésion impressionnante, malgré les sautes d’humeur et de dynamique. Ainsi, Kill Switch perturbant jusqu’à s’en faire le promontoire, les traitements d’Argile, track précédent. Ainsi chaque pulse sonore est propulsé par l’idée qui la suit, sans s’effacer mais en se dissolvant, avec ce qui ressemble au bonheur, dans les idées suivantes. We Use Cookies devient alors un artefact de sédimentation sonore, une action qui doit être autant plaisante à entendre que fascinante à voir.
Mais la dissolution, radicale et brutale, à l’œuvre dans le disque, travaille, par ailleurs, un supplément au simple jeu de tension/pulsation. Et c’est là que la familiarité entre en action. Le sonore de We Use Cookies pourrait se faire aussi accueillant qu’un bureau de vote un matin de dissolution inopinée. Pourtant, ce qui est joué et se joue dans ce disque relève moins de l’étrangeté que de l’évidence. Laissant la stratégie du chaos à quelque vieux stal’ en campagne, Simon Henocq joue le jeu de la noise en rendant les sons « à leur état sauvage » comme le formulerait Catherine Guesde, sans les perdre de vue pour autant. Son instinct le pousse à canaliser cette sauvagerie pour non pas la ramener du côté de l’apprivoisé mais sur le terrain du sublimé, ouvrant des passages audios impressionnants, comme cette bascule de la fin de S.T.I.R. Moins dissoute que magnifiquement dissolue.

reviewSeb Brunsimon henocq, wuc
simon henocq | we use cookies (live) @ pointbreak (fr)

we use cookies
7.02, biennale souffle
ici l’onde – cncm
— chronique


par Selma Namata Doyen
photo © ici l’onde

Le cadre est posé d’emblée et se construira peu à peu. : We Use Cookies est une forme articulée en séquences nettement dessinées, avec ses paliers d’intensité, ses suspensions, ses fractures. Joie intime, Simon Henocq en donne la première version jouée sur acousmonium. Son écriture reste au centre des enjeux mais trouve un espace d’interaction supplémentaire à ce qu’on a pu entendre sur disque. Nouvel espace particulièrement fin, trajectoire sonore rigoureuse. Des blocs électro-noise compacts, saturés, presque abrasifs, cèdent la place à des étendues plus aérées où chaque grain, chaque vibration devient perceptible. Henocq travaille la durée avec une précision d’orfèvre : il installe une boucle, la laisse proliférer, s’éroder, muter. Puis bascule. Pas d’effet gratuit — les transitions structurent réellement le parcours. La partition existe, tangible. Pourtant, elle respire. Certaines sections s’allongent, d’autres se resserrent selon l’énergie du moment. À plusieurs reprises, une tourne se stabilise, permettant au musicien de se mettre en retrait, d’écouter comme un·e auditeur·ice parmi d’autres, d’ajuster imperceptiblement. Cette vigilance fait partie intégrante du dispositif : la composition n’est pas figée. Elle avance. Mieux, elle se déploie. La spatialisation sur l’acousmonium Alcôme, assurée par Armando Balice, reste secondaire dans la hiérarchie des enjeux musicaux, mais elle sous-tend avec force la réussite de représentation. Elle impressionne, au sens premier du mot, par sa précision. Les masses circulent, les impacts surgissent latéralement, certaines fréquences enveloppent littéralement le corps. À chacun·e son degré d’abandon : hypnose pour certain·es, contemplation pour d’autres. Henocq demeure, quant à lui, intensément connecté, à son set comme à la salle. Charisme discret, nonchalance apparente, bienveillance tranquille — et concentration totale. Une tension traverse l’ensemble — brute et scintillante à la fois — comme le pigeon mort et pailleté d’or fin de la pochette du disque éponyme de ce set : image dérangeante et brillante, trivialité assumée, éclat inattendu. La musique tient ce même équilibre. Ça cogne, ça irradie. On coche « accepter les cookies ».

reviewSeb Brunsimon henocq, wuc
simon henocq | we use cookies @ les inrockuptibles (fr)

Live techno renversant

De 19 heures à 23 heures, tout s’est passé dans la salle en sous-sol. Entièrement conçue pour l’acousmonium (ensemble de haut-parleurs) de la compagnie Alcôme, en lien avec le Conservatoire à rayonnement régional du Grand Chalon, la soirée a alterné diffusion de courtes pièces electro-acoustiques et live spatialisés.

Côté pièces, mention spéciale à Parturition (2026) de Aude Husson Patru, très puissante évocation sonore d’une mise au monde. Côté live, acclamation totale pour Simon Henocq, qui a sculpté durant près d’une heure sans temps mort un intense matériau électronique – tendance techno industrielle – avec autant de finesse que de vigueur. On recommande au passage fortement l’album We Use Cookies, sorti en 2025, qui constitue la matière première de ce live renversant. L’incontestable pic de la soirée et du week-end.

Le festival Souffle s’est déroulé du 30 janvier au 8 février 2026 à Dijon.

bobo & behaja | aia haja? @ tinnitist (en)

Next Week in Music | February 16-22 • The Short List: 21 Titles You Want to Hear (Part 1)

By Darryl Sterdan - 2026-02-15

It has been one of those days when nothing works right. Not my fingers; not my brain; not my laptop; not the Internet. So screw it; I give up. But somehow, despite all the roadblocks and setbacks and dumbassery, I have still managed to put together this list of worthwhile music. Here are your plays of the week:

Bobo & Behaja

Aia Haja?

THE EDITED PRESS RELEASE: “Isolated from the rest of the group at the front of the plane taking us from Budapest to Zurich, Behaja left without waiting for us, confidently following a group of travellers who had gone to catch their connecting flight. Lost in Switzerland’s largest airport, he had no phone and he speaks neither French, English nor German. After an hour and a half of searching and several public announcements to the thousands of travellers, the airport police, initially uncooperative, finally found him at the end of a corridor. Finally reunited, We managed to catch the transfer to paris at the last minute, but some of the suitcases — checked in hastily — were loaded into the hold of a different plane. A few days later, we set off to record our first album, deprived of much of our equipment — horn loudspeakers, karaoke amplifiers and homemade effects pedals that reproduce the sonorities of the “bal-poussière” ceremonies of south-western madagascar — which the airline sent us after a week’s wait. So it was only during the last two days in the studio that the conditions were right for recording the tracks for this album. The repertoire, largely created in Madagascar and then performed on stage during a European tour of some 30 concerts, is based on the new rhythms, structures, instrumental and vocal techniques of contemporary tsapiky, of which behaja is one of the most emblematic musicians.”

tangent mek | immutable traveler @ African Paper (de)

Ankündigung: Am 6. März erscheint “Immutable Traveler” von Tangent Mek als CD und zum Download bei Carton Records in Kooperation mit Ligne de crête. Unter dem Namen firmieren die drei Musikerinnen Anouck Genthon, Anna-Kaisa Meklin und Marina Tantanozi. Das Album, das im vergangenen Jahr bereits von Montagne Noir digital herausgebracht wurde, wurde während einer Residenz im okzitanischen Benediktinerkloster Sorèze aufgenommen und versammelt improvisierte Musik für Violine, Viola da gamba, Flöten und Stimme. Die Aufnahmen entstanden in Räumen der Abtei, deren jeweils sehr unterschiedliche Akustik die Stücke prägt. 

Tangent Mek arbeiten, so heißt es vom Label, ohne vorab festgelegtes Material und entwickeln ihre Musik aus gemeinsamer Improvisation. Gespräche, Erinnerungen und langfristige Arbeitsprozesse fließen somit ebenso ein wie das wiederholte Aufnehmen, Überarbeiten und Verdichten des Klangmaterials. “Immutable Traveler” bewegt sich im Feld von Improvisation, Drone, experimentellen Folkansätzen und sogenanntem Soft Noise. Referenzen spielen ebenfalls eine Rolle, so nimmt das bereits erhältliche Titelstück textlich auf ein Gedicht von Etel Adnan Bezug und ist musikalisch inspiriert von einem Lied von Stelios Petrakis. Pünktlich zum Releasedatum gehen Tangent Mek auf Europatour.

Live:

06.03: Kulturbrauerei, Luzern (CH)
08.03: KM28, Berlin (DE)
11.03: Der Hanse, Dresden (DE)
12.03: Galeria Toy Piano, Wrocław (PL) – tbc
13.03: Punctum, Prag (CZ)
15.03: Raumschiff, Linz (AT)
17.03: Echoraum, Wien (AT)
19.03: Vekks, Wien (AT)

tatiana paris | t h a l l e @ the new noise (it)

Di ritorno dopo il suo esordio Gibbon del 2022, Tatiana Paris non pubblica un disco, ma una sorta di organismo vivente. Un organismo che tramite una fotosintesi mirata ci nutre liberando nell’aria arie nebulose, sulle quali la musicista interviene. Il suo incedere oscilla fra strumentali cheti ed arrangiamenti acustico-rumoristi. Ricorda vagamente quell’onda magica e acustica che spesso accompagnava le uscite Tomlab, una sensibilità che di questi tempi si vede rifiorire anche nelle produzioni di aus e di Flau Records ad esempio, anche se qui, tramite il cantato, l’approccio vira in direzione di qualcosa di più intimo ed orecchiabile. I brani sembrano formarsi per genesi biologica, quasi come il corallo in copertina, molecola dopo molecola in forme e colori delicati. La chitarra boccheggia fra un respiro e l’altro, placida, a dare grumi di suono che a tratti potrebbero ricordare la magia dei Gastr Del Sol in trasparenza, quasi come se invece di spartiti Tatiana suonasse direttamente degli erbari, dando il via a piccoli caos appena percettibili, come minute forme di vita sotto il vetrino di un microscopio. Quando poi interviene l’organo di Rachel Langlais nelle due parti della title-track la magia si fa ieratica e immobile, quasi ci costringesse a cercarne una presenza con lo sguardo oltre che con l’udito. Il ritorno della voce nella conclusiva “salluit” (tutti gli interventi vocali sono tratti da poemi di Pierrick Pagé, Joséphine Bacon e Marie Andrée Gill) è un commiato crepitante e misterioso, un breve attimo di crescita e di luce condivisa fra esseri in continua evoluzione e cambiamento.

tatiana paris | t h a l l e @ à découvrir absolument (fr)

Carton Records a ce pouvoir de nous magnétiser par l’inconnu, par le prisme d’escapade musicale aventureuse. Au gré des sorties, il nous arrive de nous fondre dans le minéral ou de nous plonger dans les méandres de quelque chose de plus organique.

Avec Thalle de Tatiana Paris, c’est une sorte d’apogée, de pièce unique, inaltérable, parvenant à nous happer dans un inconfort sonore (intro) qui joue à la fois son rôle d’appât, mais surtout de procession vers un autel recouvert de cette thalle qui se déploie avec un détachement quasi-surnaturelle. Foisonnant et prégnant, la musique balise un chemin d’excellence, s’extirpant des flots balisés, pour mieux traduire ce que l’évanescence peut produire quand elle n’est pas la racine du futile (Hibbon inédit fantastique de Low) A tomber comme du Gastr del Sol, cela nous fait fondre comme certains travaux de field recording hébergé par l’excellent label Aagoo records, c’est lumineux comme un lever de soleil dans les brumes légères d’un sommet vosgien l’été.

Thalle est la traduction musicale parfaite du mot EMOTION, une ballade sans âge, une plongée, telle celle du Discovery One vers ce que nous ne pouvons imaginer, une frontière, celle qui répondrait à la possibilité que l’infini puisse avoir une fin.

Entre structures sonores planantes et pleines de bruits, de propositions d’évasion, Thalle est une envolée émouvante, presque mystique, et pourtant bien ancrée dans le sol, avec des racines qui seraient orientées vers le ciel. Terrassant de beauté.

générique mardi | rebecca @ muzzart (fr)

Juliette Pym et Bonella Holloway forment Générique Mardi, duo excentrique pop lo-fi rachitiquement no-wave qui part génialement de travers. Elles marient les genres ici dub dirait-on (You cross the line), Waiting room en attente de soins narre le délire du secteur santé. Il accroche, de par ses sons et son histoire qui pourrait mener à l’insanité. Les Toulousaines, inventives, minimales, s’emballent sur A place for us. Basse charnue et sonorités volantes triturées assurent l’accroche, alors que la cadence se fait sèche et cinglante. Parfait. Il y a une place pour elles, assurément, dans le paysage indé de nos prairies. Bathwater m’évoque Young Marble Giants, Laurent Santi de chez Cœur sur toi va encore palper du biffeton avec cette parution K7 digne de la plus majeure des majors. Pour le coup il partagera avec AB Records, lui aussi avide de caillasse, y’a qu’à voir son catalogue…bref, c’est une histoire de fouilles pleines tout ça! House of cards séduit quand vient son tour, dans la lignée magnifiquement dénudée de l’ensemble. Il fuse, rêve de par ses vocaux.

Second volet, Narrow cages et cold-wave là encore merveilleuse, bancale et irraisonnable. J’entends, là-dedans, le courant late 70’s et sa foison de projets en marge. Lights turn green en sort, on en loue les sons foufous et le climat dépeigné. En France on a « tout qu’est-ce qu’y faut », pour le coup c’est dans le sud qu’on déniche la perle. Compulsif va le devenir, il pollue la draperie. Il gémit, se souille et médicationne. Rebecca excelle, sans faire la belle, et groove on drugs. Dick meditation, vague cold des plus fréquentable (quoique…), en Anglais, médite sur la b+++. Dans les textes, il y a matière. Le terminal La fête pulse et flirte avec le club, Rebecca moi je kiffe et je parierai qu’il en sera de même pour mon réduit mais fidèle lectorat.

tangent mek | immutable traveler @ nowhere street by peter margasak (de)

My 40 Favorite Albums of 2025, part 1

Tangent Mek, Immutable Traveler (Montaigne Noire)

French violinist Anouck Genthon, Greek flutist Marina Tantanozi, and Finnish viola de gamba player Anna-Kaisa Meklin are all based in Switzerland where they came together to form Tangent Mek, a trio of stunning versatility and lyric beauty. They toggle between folk material and contemporary music on Immutable Traveler, rejecting any notion of stylistic purity. Sometimes it reminds me of the folk explorations taken by Silvia Tarozzi and Deborah Walker in their Canti di Guerra project, when they all sing lovely melodies, while elsewhere they conjure sonic worlds that the listener can inhabit, such “Say it Clear, Say it Loud,” where the layers of sustained tones generate a lush physical sensation, as one line or another seems to move across the foundation, suggesting a beguiling three-dimensionality.

she's analog | no longer, not yet @ ondarock (it)

di Gianfranco Marmoro

In un panorama italiano che nel 2025 ha regalato più di una sorpresa (Laura Agnusdei, Glazyhaze, Andrea Laszlo De Simone) e pregevoli conferme (Lucio Corsi, Carmen Consoli), il trio degli She’s Analog rappresenta un’ulteriore momento di rilievo della scena musicale nostrana.
Non è tanto per l’ambito stilistico entro il quale si muove il secondo album della band italiana - jazz e rock sperimentale - quanto per l’attitudine da remake-remodel che anima i tre musicisti – Stefano Calderano (chitarra, percussioni), Luca Sguera (piano, Prophet, percussioni) e Giovanni Iacovella (batteria, elettronica) – sempre attenti nel cogliere elementi armonici e dissonanze capaci di tratteggiare una musica ai confini del post-rock e dell'avant-jazz.

“No Longer, Not Yet” è un album che cattura l’ascoltatore con costruzioni ritmiche frammentarie e vigorosamente organiche. Brani come “Danse Macabre” e “Slow Kick” sono frutto di un dialogo a più voci dove ogni strumento diventa protagonista. Le intense e vellutate strutture di percussioni e batteria del trio creano un terreno perfetto per incursioni preziose di chitarra e strumenti elettronici che ne scombinano la naturale evoluzione, fino a creare paesaggi sonori di aulica bellezza, che trovano nella lunga odissea di “Blu” il loro apice narrativo, con un flebile, minimale groove ritmico che, senza mai implodere, offre spazio e respiro a splendide elaborazioni sonore.
I cinque anni trascorsi dall’esordio “What I Bring, What I Leave” hanno permesso agli She’s Analog di perfezionare quel meccanismo di sottrazione e dissolvenza che ne esalta autenticità e originalità, ponendo sullo stesso piano ricerca concettuale e spessore emotivo.

“No Longer, Not Yet” è l’elogio della fragilità dell’uomo contemporaneo, una perfetta colonna sonora per questi tempi di transizione, ma non cercate risposte o superflue divagazioni: anche quando la musica appare leggermente più impetuosa (“Tangled”), la band resta fedele a un’algida e ponderata visione avant-rock-jazz, rendendo l’ascolto dell’album un’esperienza gratificante.

tatiana paris | thalle @ jazz'halo (en)

Europe Jazz Media Chart
January 2026

TATIANA PARIS Thalle
Carton Records

BANDCAMP


Matthieu Jouan:

"A new solo album by French guitarist Tatiana Paris, featuring not only her electric guitar, but also vocals, organ and a modular synthesiser. The album is conceived as a cinematic journey, a world with a highly pronounced synesthetic dimension. Electric splinters and acoustic screeches are like stars in her firmament, twinkling and forming constellations.

A distillation of emotions, surprises and subliminal languages, Thalle is an excellent surprise for the end of 2025."

she's analog | no longer, not yet @ skug (at)

Zwischengestreut als Überbrückung eine Vorhut auf Sounds die nach der Atlantikquerung warten. Am Brückenkopf Italien befindet sich das Trio She’s Analog mit »No Longer, Not Yet« (Carton Records/Torto Editions) quasi in einer Transitzone. Die Raffinesse des Klangs ergibt sich hier teils auch aus überbordenden Schichtungen, doch münden Tapes und Field Recordings in einen Kompositionskreislauf. Insbesondere ist das 18-minütige »Blu« Soundcollage und mäanderndes Improv-Stück zugleich, mit einem zwischendurch sich prächtig herausschälendem Mellotron.