“Immutable Traveler”, uscito per Carton Records, è il nuovo album delle Tangent Mek, trio formato dalla violinista Anouck Genthon, dalla violista Anna-Kaisa Meklin e dalla flautista e vocalist Marina Tantanozi.
Registrato nel novembre del 2023 nell’abbazia benedettina di Soréze, in Francia, il lavoro è profondamente influenzato da quei luoghi e da quella spazialità e nasce da una purissima improvvisazione, senza materiali né concetti in mente.
Le tre protagoniste hanno raccontato di aver lasciato fluire in musica la vastità e le luci dell’abbazia, al pari di dialoghi, viaggi ed esperienze personali.
Alla luce di tutto ciò, “Immutable Traveler” sfugge a qualsivoglia classificazione in termini di genere, alla forma canzone e agli sviluppi tematici più canonici, trasformando i riverberi e le risonanze della Blue Room e della White Room, di fatto, veri e propri elementi di composizione.
I pezzi non hanno un inizio e una fine, al contrario insistono volutamente su questo senso di incompiutezza fino a renderlo la ragione principale dell’opera.
“Immutable Traveler” può risultare difficile per la sua materia, sospesa tra pulsioni e tensioni drone, noise e folk, ma senza mai correre davvero su questi binari, e per il suo linguaggio non accessibile a tutti, ma resta un disco rigoroso e coerente.
Per un'esperienza realmente autentica, è necessario un ascolto lento e attivo. (Piergiuseppe Lippolis)
Una residenza artistica autunnale in un’abbazia benedettina occitana. Un violino, una viola da gamba, un flauto traverso ed una voce, tre musiciste. Anouck Genthon, Anna-Kaisa Meklin e Marina Tantanozi sembrano prendere, in questi dieci brani, i silenzi e la pace di un luogo come cornice per un afflato artistico pulito, lineare, unico. Quando Marina inizia ad esprimersi vocalmente in immutate traveler si sente il calore e la misura con la quale le parole di Etet Adnal e di Stelios Petrakis vengono cantate e recitate, così come il semplice vocalizzo si trasforma in forma di bellezza e di comunicazione con gli strumenti, a riempirci e bearci. Il bordone di say it clear, say it loud è ronzante, sazia e diventa raccoglimento e continua parabola, ellisse dove il moto produce un suono che non si può frenare né fermare. Poi il disco cambia, arrivano brani più brevi, quasi fotografie di momenti di scambio, creazione papabile, spirito di comunione di affinità che su diversi livelli ci porta all’interno dell’energia espressa dalle tre musiciste, ora più cheta, ora più spigolosa, ma che nelle frizioni di cylinder sembra premere le misure per un altro stato. Ed in effetti byzantine aboliti in è l’unico brano dell’album dove i brividi vengono sulla schiena, quasi a scoperchiare una parte buia che tra frulli e sibili pare evocare creature innominabili. Giusto una virgola per poi arrivare ad una sorta di summa dinamica, dove i suoni di Anouk, Anna-Kaisa e Marina ci guidano su territori inesplorati, come in una nuova mappa da loro stesse forgiata, in una sorta di Pangea artistico che accettiamo grati.
Ah, come non innamorarsi poi della label, Carton Records, che “…Support craftswomen and craftsmen in their musical and artistic experiments”? Un’altra bandierina da segnalare in un mondo free mai così rigoglioso.
TOUT BLEU | You Are Tree
Avec You Are Tree, son troisième album, TOUT BLEU affine une langue musicale rare : une pop d’éclats et de frottements, à la fois terrienne et flottante, lyrique et cabossée. Autour de Simone Aubert, le quatuor genevois assemble violoncelle, alto, électronique, voix mouvantes et battements décentrés pour faire surgir une forme de joie grave, presque insurgée. Un disque de transformation, d’embranchements, de secousses intérieures.
Le troisième album du groupe genevois transforme la mélancolie en poussée vitale, entre cordes hantées, pulsations obliques et poésie en friction
Dès sa pochette, You Are Tree impose une image ambiguë : un arbre qui semble aussi être un champignon géant, une forme impossible, minérale et organique à la fois, dressée dans un paysage de chaleur, de roche et d’azur. Tout le disque est là, dans cette silhouette instable. Chez TOUT BLEU, rien n’est fixé une bonne fois pour toutes. Les morceaux tiennent debout sur des appuis mouvants, comme si la matière sonore cherchait en permanence son propre équilibre.
Le quatuor genevois – Simone Aubert, POL, Luciano Turella et Beatriz Raimundo – creuse précisément cette zone de bascule : entre propulsion et suspension, entre tension intérieure et mouvement collectif, entre tristesse tenue et désir de relance. Fondé il y a près de dix ans autour de Simone Aubert, le projet confirme ici une identité immédiatement reconnaissable, faite d’angles, de fluidité, de frottements et d’élans contraires.
Une musique qui boite, donc qui vit
Ce qui frappe dans You Are Tree, c’est sa façon de ne jamais choisir entre la chair et l’architecture. Les beats peuvent se faire droits, presque mécaniques, mais les cordes viennent les fissurer. La guitare ne plaque pas le décor : elle le coud, le raye, le déplace. La voix, elle, ne surplombe rien ; elle circule. Elle apparaît comme une présence changeante, une lumière mobile dans un couloir sombre.
Les dix titres du disque, de “Kind To Herself” à “Loneliness”, en passant par “Technosapiens”, “Doors”, “Mooch” ou “Champidou”, ne racontent pas une histoire linéaire. Ils composent plutôt une cartographie de passages. On y entend une musique qui accepte de claudicuer pour mieux avancer, de se salir aux parois du réel pour mieux retrouver du souffle. Il y a là quelque chose de rare : une joie qui ne nie ni l’usure, ni le chaos, ni la fatigue du temps, mais qui choisit malgré tout de se tenir debout.
TOUT BLEU transforme la mélancolie en sève, et le trouble en mouvement.
ANECDOTE : Des commandes pour la danse et le cinéma
Une partie de You Are Tree ne vient pas uniquement du studio : plusieurs morceaux trouvent leur origine dans des travaux composés en amont pour la danse et le cinéma. Comme si l’album avait poussé à partir de gestes, d’images et de mouvements déjà en circulation, avant de devenir ce drôle d’arbre sonore collectif.
“Ce Dit Univers”, ou la poésie sur plaque tectonique
Au cœur du disque, “Ce Dit Univers” agit comme une chambre d’écho particulièrement saisissante. Le morceau a quelque chose d’une plainte traversée de vent, d’un blues déplacé dans un relief synthétique, d’une incantation lancée d’un sommet à l’autre. Tout y semble vaciller : le langage, le monde, les certitudes. Et pourtant, au lieu de disperser, TOUT BLEU rassemble. Le morceau donne l’impression d’un sol qui tremble sous les pieds, mais qui, dans le même mouvement, nous rappelle que nous sommes encore capables de sentir ensemble.
C’est l’une des grandes forces de You Are Tree : faire de la dissonance une forme d’hospitalité. Là où d’autres installeraient le malaise pour lui-même, TOUT BLEU l’ouvre, le partage, le transforme en espace commun. Le groupe ne cherche pas les mers d’huile ; il préfère les détroits battus, les passages où la beauté n’arrive qu’avec ses échardes.
Un disque-réseau, un disque-corps
Cette impression de monde en expansion tient aussi à la richesse de la fabrication. Autour du noyau formé par Simone Aubert, POL, Luciano Turella et Beatriz Raimundo, l’album accueille plusieurs invité·es — Maxime Tisserand, Naomi Mabanda, Fhunyue Gao, Nicholas Stücklin, Agathe Max — ainsi que des musicien·nes de l’Orchestre de Chambre de Genève, avec des arrangements de Ludovic Thirvaudey et une direction assurée par Marc Leroy-Calatayud. Une partie de la matière du disque provient aussi de travaux pensés pour la danse et le cinéma, ce qui explique peut-être cette sensation constante de mouvement, de décor qui glisse, de scène intérieure en train de se recomposer. “Loneliness”, lui, dialogue ouvertement avec Moondog.
Publié via L’Invitation au voyage / Modulor, et soutenu par plusieurs labels européens, You Are Tree confirme la singularité d’un groupe qui ne juxtapose pas ses idées : il les greffe. Il ne mélange pas pour faire moderne ; il assemble pour faire surgir une forme neuve, inquiète, poreuse, intensément habitée.
Avec You Are Tree, TOUT BLEU signe un disque des lisières, un disque de cave et de ciel, de colère gainée et d’espérance récalcitrante. Un disque qui ne promet pas l’apaisement, mais une traversée. Et parfois, c’est bien plus précieux.
A propos de Tout Bleu
TOUT BLEU est un groupe genevois fondé par Simone Aubert, figure bien connue des territoires sonores aventureux avec Hyperculte et Massicot. Aujourd’hui entourée de POL, Luciano Turella et Beatriz Raimundo, elle y déploie une musique singulière, à la fois organique et accidentée, où se croisent voix habitées, guitare en éclats, électronique, alto et violoncelle. Depuis bientôt dix ans, le quatuor construit un langage très personnel, fait de tensions poétiques, de pulsations obliques, de mélancolie active et d’élans collectifs, dans une forme d’art-pop expérimentale qui ne ressemble qu’à lui.
Société Étrange, Heat (Carton Records)
par Renaud Sachet
Publié le 8 avril 2026
Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous.
Musique mentale qui met même le suspens en suspension : on prie pour un dénouement, il n’arrive jamais, puis de guerre lasse, on tombe dans l’hypnose de cette batterie-basse, recouverte de couches électroniques transparentes comme une fine couverture qui en épouserait les contours saillants. Il y a du dub dans la profondeur des échos et des reverb, il y a de la b.o. dans les lignes de basses inquiétantes et les hooks de synthé au ralenti : l’ennui et les kilomètres de musiques d’illustration audiovisuelle privées de leur support, métamorphosés en accomplissement transcendantal, ce grand truc français qui anime Zombie Zombie aussi – se transforment en sentiment concret, en appréhension du temps qui s’écoule et qu’on peut enfin saisir entre nos vieux doigts.
C’est ça, Société Étrange, une horloge intime mise en branle par trois musiciens mutiques, une animation du silence où chaque son est respecté, jamais parasité par son voisin. Comme des tableaux lumineux aux reliefs apparents et précisément détourés au fond d’une échoppe improbable, les plages semblent défiler comme par un tour de magie, alors que c’est juste un jeu de lumière qui imite le mouvement. Un diaporama où l’immobilité semble s’animer, par des tous petits motifs qui scintillent, s’allument et s’éteignent et provoquent une illusion d’optique. C’est de la dentelle, du micro détail qui demandent à l’oreille de chausser des loupes, mais le plaisir vient de cette nécessité de rester attentif à toutes ces variations extrêmement courtes qui jamais ne saturent l’espace. L’extase est au bout du chemin, d’ailleurs quand le disque s’arrête, le silence insupporte. Bon signe, ça.
Henocq & Brun
Vallées
Simon Henocq (g, elec), Seb Brun (d, elec)
Label / Distribution : Carton
Au sein du label Carton, les noms de Seb Brun et de Simon Henocq font désormais partie des meubles. Le batteur Sébastien Brun est à l’origine du label, et Vallées, fruit de son nouveau duo avec le guitariste et électronicien Simon Henocq est à l’image de ce que produit le label depuis ses origines. L’électronique est partout, souvent très contondante et en perpétuel mouvement, comme c’est le cas dans le morceau-titre. Le disque est court, mais il n’y a guère besoin de davantage pour une musique directe (comme l’action du même nom) et assez minimaliste malgré les envolées lyriques d’une batterie elle-même largement fardée d’électronique (« Falaise »). Le propos est heurté et parsemé d’explosions soudaines qui peuvent rendre le propos très sinueux, comme dans « Lighthouse », morceau le plus long d’un album parsemé de précipités de quelques secondes. Contrée du drone et autres ruptures rapides, Vallées est un lieu abrupt et souvent obscur qui borde la couleur corrodée et inchangée d’un label toujours ouvert à cette passionnante électronique bruitiste.
par Franpi Barriaux // Publié le 5 avril 2026
By Vito Camarretta(@) - Apr 02 2026
There’s always a moment, when reading phrases like “recorded in a Benedictine Abbey” and “improvised without any material”, where you brace yourself for either transcendence or an hour of politely arranged fog. "Immutable Traveler" manages the irritating trick of being both elusive and oddly precise, like a memory you don’t trust but can’t quite dismiss.
Tangent Mek operate here as cartographers of absence. Their instrumentation - violin (Anouck Genthon), viola da gamba (Anna-Kaisa Meklin), and flutes/voice (Marina Tantanozi) - suggests something rooted in early music or folk traditions, but what emerges is closer to a slow dismantling of those expectations. The trio doesn’t quote the past; they let it echo faintly, as if heard through thick stone walls and unreliable recollection.
The Abbey of Sorèze is not just a setting here, it’s an accomplice. Two rooms - the “blue” and the “white” - act less like studios and more like resonant bodies, stretching tones into long, trembling threads. Sound doesn’t sit still; it seeps, lingers, mutates. You begin to suspect that what you’re hearing is less performance than negotiation: between air and wood, between intention and accident, between what is played and what the room decides to keep.
Improvisation is often sold as freedom, but "Immutable Traveler" treats it more like archaeology. These pieces feel excavated rather than invented. Fragments surface, are turned over, partially erased, then reassembled into something that resists narrative closure. The title track, drawing from Etel Adnan, carries this particularly well: a voice that is neither fully present nor entirely gone, suspended between declaration and disappearance. It doesn’t “sing” so much as haunt the idea of singing.
Elsewhere, tracks like “say it clear, say it loud” do the opposite of what they promise, dissolving clarity into grainy textures and hesitant gestures. “drizzle” and “in the air” feel like studies in near-absence, while “byzantine abolition” briefly thickens the atmosphere into something ritualistic, almost severe, before letting it dissipate again. Even the shortest piece, “virgule”, behaves like a comma in a language that refuses to form a sentence.
There’s a quiet stubbornness to this album. It refuses to perform for the listener, refuses to resolve its tensions, refuses even to fully declare what it is. And yet, it’s not hostile. If anything, it’s strangely generous in its restraint. It allows space - actual, acoustic, psychological space - for the listener to wander, to project, to get lost without the safety net of structure.
In a world where music is often engineered to grab, hook, and retain, "Immutable Traveler" does the opposite: it drifts, withdraws, and occasionally pretends you’re not even there. Which, irritatingly, makes you lean in closer.
What Tangent Mek ultimately propose is not a journey with a destination, but a condition of perpetual transit. Memory as landscape, sound as residue, identity as something that erodes and reforms in the act of being heard. An “immutable traveler”, it turns out, is not someone who stays the same, but someone who keeps moving through change without ever quite arriving.
Straddling Worlds With Tangent Mek
I’m incredibly excited to catch the Berlin debut of the Switzerland-based trio Tangent Mek on Sunday March 8 at KM28. I included their remarkable debut album Immutable Traveler when I collected my 40 favorite albums of 2025, and it’s maintained its hold upon me, piling up folk-flavored balladry, extended textural excursions, collective improvisation, and chamber music sonorities, not as distinct approaches but simply as evolving terrain as the moment calls for it. That disparate quality from French violinist Anouck Genthon, Greek flutist Marina Tantanozi, and Finnish viola de gamba player Anna-Kaisa Meklin shifts around so much it’s hard to be sure where the group’s center resides, but that’s hardly worth fretting over.
It’s delightful that an unabashedly beautiful vocal piece like the title track can be followed by the fiercely aerated drone, marbling breath and grain in a dynamic act of levitation “Say it clear, say it loud,” which you can check out below. Elsewhere there’s the stunning opening piece “Glass Harmonica,” where upper register flute and violin shapes float and collide over occasional strums and terse patters on viola de gamba suggest the eerie sound of the titular instrument, while the gradual accretion of fluttering, spitting, and cycling sounds in “Drizzle” conjures a cave-like atmosphere, thickening and intensifying as it unfolds. Tangent Mek’s tour is in support of Immutable Traveler’s reissue as a CD release from the French imprint Carton on March 6.
Industrial Rap Meets Noise: Antoine Ferris Drops "Shame’s Coming" from Debut Album [KAAARST]
Sonic Defiance: Antoine Ferris Unveils "Shame’s Coming" featuring Natacha Kanga
French bassist and experimentalist Antoine Ferris strikes a bold opening chord with "Shame’s Coming," the lead single and video from his debut solo album, [KAAARST]. A collaboration with Berlin-based artist Natacha Kanga, the track is a "rabid" fusion of committed rap, industrial noise, and jagged electro, setting a defiant tone for the full album release on Carton Records this May.
The Bass as a Percussive Weapon
In "Shame’s Coming," Ferris transforms the bass guitar from a rhythmic anchor into a source of raw, unpredictable energy. His unconventional approach to the instrument defines the track’s identity: the strings are not just plucked but struck with fists or even played with a butter knife to extract percussive, glitchy timbres.
The track creates a tense, industrial landscape where:
Natacha Kanga’s fierce vocal delivery cuts through layers of noise.
Random rhythms generated by custom effects pedals collide with heavy bass feedback.
Elements of experimental hip-hop meet the abrasive aesthetics of artists like Mopcut or Lukas Koenig.
A Dialogue of Glitches and Melancholy
While "Shame’s Coming" leans into the "noise and rap" borders, the upcoming album [KAAARST] promises a broader dialogue between industrial chaos and a singular sense of melancholy. Based in the Toulouse experimental scene and known for his work with groups like Baraque à Free and Megacoaster, Ferris uses his solo debut to explore the intersection of acoustic improvisation and electronic sampling.
The accompanying video visually echoes this "glitch" philosophy, capturing the frantic energy of a performer who treats his instrument as an electronic signal source as much as a physical object.
Celostnost glasbenih potez, ki brbotajo od nalezljivosti
Carton Records, 2026
Pestra ritmika in navidezno nenadzorovani melodični prijemi, ki v sebi nosijo dobršno mero spretnosti izvedbe, so nepogrešljive sestavine glasbe, ki na poslušalsko uho v nemalo primerih delujejo z unikatnim izkupičkom ob boku. »Oh, ta glasba me pa kar spravi v nek trans!« bi brez težav slišali tudi v kontekstu albuma kvinteta Bobo & Behaja z naslovom Aia Haja?, ki ga obravnavamo v tokratni Tolpi bumov. Toda pri obravnavi glasbe francosko-malgaške zasedbe je smotrneje uporabiti kakšne bolj podkrepljene pristope. Subjektivno dojemanje je resnična stvar, in širši množici, ki ni nujno ciljna, morda raje le številčnejša, omenjeni obljubljeni trans pridoda dovolj – dovolj, da se bo nekdo kljub nepoznavanju konteksta glasbe ali pa osnovnih vprašanj, ki jih ta odpira, vendarle odločil za nakup vstopnice za obisk koncerta.
Glasba zasedbe Bobo & Behaja se napaja v tradiciji glasbene zvrsti tsapiky, izrazito plesnega žanra z jugozahodnega dela Madagaskarja, ki se nanaša na zvočnost obredov bal-poussière, v osnovi tradicionalno družbenih in obrednih dogodkov. Gre za večdnevna praznovanja na prostem, ki pogosto potekajo ob pomembnih življenjskih prelomnicah, kot so poroke in pogrebi, pa tudi razni lokalni festivali. Že zaradi korenin glasbe zasedbe bi na prvo žogo zlahka zapadli v diskurz konstrukcije avtentičnosti, fascinacije z Drugim ali pojava omenjenega transa in pretakanja takšnih in drugačnih notranjih občutij. Seveda ne smemo zanemariti individualne izkušnje poslušalke – ki si jo v kontekstu Boba & Behaje nedvomno deli kar dobršna mera slušateljev – toda njihova glasba v maniri, ki je stabilna, v prvi vrsti vredna obravnave in podkrepljena z ničkoliko vidiki, še vedno uspeva oziroma živi.
Francoski saksofonist Bobo Maxime, sicer član zasedbe Electric Vocuhila, ki jo večkrat zasledimo pod nalepko tropikalni jazz, je v preteklosti velikokrat obiskal Madagaskar, kjer se je spoznal z žanrom tsapiky. Skozi raziskovanje se je povezal z lokalno zasedbo Behaja, poimenovano po njenem kitaristu, in danes lahko z albumom Aia Haja? opazujemo, na kakšne načine je saksofonist Maxime skušal zaorati ledino na področju srečevanja tsapikyja s tradicijo rocka in jazza. To mu zelo dobro uspeva prav zaradi prisotnosti njegovega inštrumenta, ki na albumu neredko prevzame vlogo gonilca zvočnega toka. Kljub temu glasba izžareva kolektivnost, kakršnekoli težnje po performativni glasbeni praksi, ki bi jo narekoval izključno Maxime in imel zasedbo Bahaja samo malo za zraven, pa niso navzoče. S sodelovanjem v ustreznem pomenu te besede se tudi s poslušanjem zazna hommage zgodovinskemu kontekstu žanra tsapiky, kar je najverjetneje v prvi vrsti tudi smoter tega projekta.
V posameznih skladbah ne zasledimo kompleksnih modulacij v druge tonalitetne nastavke. Slušna izkušnja vztraja v določeni natempirani in vedri špuri, toda to še zdaleč ne pomeni, da glasba zasedbe Bobo & Behaja ni kakovostno izvedena in zasnovana – ravno nasprotno: neposrednost utrdi njihov izraz, ki, ko ga podrobneje analiziramo, deluje sila natančno. Izstopajo bogati ritmični segmenti, ki bi jih s poglobitvijo vanje lahko razstavili na manjše odseke. Kitarist Behaja note ubira kot za stavo, se pri tem navidezno spontano in brez napora ujame s preostalimi člani zasedbe in njihovimi inštrumenti ter gradi skoraj neprekinjen zvočni tok kompozicij, ki se spajajo v celoto.
Gibanje je nekaj, kar nam brž pride na misel in se nenazadnje neposredno manifestira tudi v naše dejansko fizično stanje, kar se bo, si upamo trditi, izrazilo tudi na koncertu, ki ga bo zasedba izvedla na letošnji, 42. ediciji festivala Druga godba 29. maja v Katedrali Kina Šiška. Gibanje zaznamuje potek glasbenih pasaž, s katerimi koketira vokalistka Ekaly. Z inštrumentalno sekcijo vzpostavi izrazito prožen dialog, podaja odgovore na zaigrane fraze in utrjuje že predstavljene glasbene motive, najbolj nazorno v skladbi Kabosy, katere izmenjevalni odsek glasu in kitare bi pravzaprav lahko trajal v nedogled. Tudi ko Ekaly ne slišimo, denimo v skladbi Rodobey, odmev njenega glasu na nek način ostaja prisoten.
Na prvi posluh Bobo & Behaja vseskozi ostajajo v istih kolesnicah, toda te kolesnice so tako dobro uvožene, da se med poslušanjem začnemo preizpraševati o zmožnosti glasbe, da popolnoma zaobjame svojo zasnovo in v njej tudi celostno deluje. Analiza posameznih skladb z albuma tako niti ne bi bila prikladna. Smiselneje se je osredotočiti na celostnost glasbenih potez, ki brbotajo od nalezljivosti in album Aia Haja? opolnomočijo z neomajno atmosferično napetostjo.
de:
Der zweite Track, «Place Saint Bruno», ist ein kleines Mirakel: Neun Minuten lang schlängeln sich Schlagzeug, Bass und Synthesizer durch ein Gewirr an Grooves und Sounds wie durch die malerische Altstadt Lyons in der Morgendämmerung. Vordergründig mag das gleichförmig klingen, doch dank subtiler, kaum wahrnehmbarer Variationen und Verschiebungen erzeugt «Place Saint Bruno» Spannung und beschwört Bilder wie ein gelungener Soundtrack. Société Étrange, das Trio aus Lyon, bleibt auf dem dritten Album «Heat» seinem Ansatz treu: repetitive, minimale Instrumentals, die ihre Wurzeln in der experimentellen Elektronika deutscher Formationen wie Cluster und Neu! haben, in den verhallten Räumen des Dub und den Wiederholungen der Minimal Music. Auf «Heat» macht das Trio einen Schritt vorwärts in Richtung Pop: Die Tracks klingen melodiöser, die Rhythmen sind verspielter, die Loops lichter und die Atmosphären kinematografischer. Interessant ist dabei die doppelte Rolle des Basses: Er verleiht den Tracks ihren Puls und schmückt sie gleichzeitig mit melodischen Elementen, während Schlagzeug und Drumcomputer fremdartige Beats zum Schwingen und Klöppeln bringen, derweil die Synthesizer die Soundgemälde mit warmem Zirpen und Zwitschern ö&nen und «Heat» zur auralen Delikatesse machen.
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Le deuxième morceau, « Place Saint Bruno », est une petite merveille : pendant neuf minutes, batterie, basse et synthétiseur serpentent à travers un enchevêtrement de rythmes et de sonorités, comme dans la pittoresque vieille ville de Lyon à l'aube. À première vue, il pourrait sembler monotone, mais grâce à des variations et des changements subtils, à peine perceptibles, « Place Saint Bruno » crée une tension et évoque des images à la manière d'une bande originale réussie.
Société Étrange, le trio lyonnais, reste fidèle à son approche sur son troisième album, « Heat » : des instrumentaux minimalistes et répétitifs qui puisent leurs racines dans l'électro expérimentale de groupes allemands comme Cluster et Neu!, dans les espaces réverbérés du dub et dans les répétitions de la musique minimaliste.
Sur « Heat », le trio fait un pas de plus vers la pop : les morceaux sont plus mélodiques, les rythmes plus ludiques, les boucles plus légères et les ambiances plus cinématographiques. Il est intéressant de noter que la basse joue un double rôle : elle donne aux morceaux leur pulsation tout en les embellissant d’éléments mélodiques, tandis que la batterie et la boîte à rythmes font vibrer et cliqueter des rythmes étranges, tandis que les synthétiseurs ouvrent les paysages sonores avec des gazouillis et des pépiements chaleureux, faisant de « Heat » une délicatesse auditive.
Kaaarst c’est une basse électrique aux sons rugueux, c’est du rock mais tout seul, des pédales d’effets qui font du bruit. Mais ce sont aussi des pieds qui tapent le sol pendant que les mains jouent, c’est un peu de pop qui arrive à se frayer un chemin malgré tout ce boucan. En résumé, ce sont de jolis accords avec du bruit autour, ou bien le contraire.
Antoine Ferris est un bassiste et contrebassiste originaire des Hautes-Pyrénées (France). Il débute la basse électrique en 2014 de manière autodidacte puis décide de se perfectionner en intégrant la Licence de musicologie jazz à l’Université du Mirail à Toulouse et le conservatoire jazz de Toulouse en 2016. Au cours de sa scolarité il découvre la contrebasse et évoluera dans différents styles musicaux (jazz, chanson, électro et hip hop). En 2019 il intègre le collectif de musiques improvisées Baraque à Free. Cette rencontre fut un déclic qui le poussa à monter son solo (Kaaarst) en 2022. Aujourd’hui Antoine se produit en solo ainsi que dans des formations comme le groupe de indie pop Totun ainsi que dans le groupe de rock occitan Feràmia.
Kaaarst est un solo de basse électrique et pédales d’effets qui existe depuis 2022. Ce sont des pièces d’improvisations de longueurs variables (entre 3 et 15 minutes) où se découvrent petit à petit les différentes influences esthétiques d’Antoine Ferris. Fortement influencé par la pop music, on est surpris de voir émerger des harmonies au travers des sons rocailleux et parfois noise de la basse électrique. Seul sur scène et sans système d’over dub (loop), les sons sont en constante évolution.
Mars 2026
Simon Hénocq m'avait laissé K.O. avec son précédent disque, le fantastique We Use Cookies, chroniqué dans les pages de votre revue préférée. Le voici de retour, cette fois-ci en duo avec Seb Brun, pour un disque acéré, asphyxiant, concassé et beau.
Oui, c'est possible. Seb Brun tient le rôle de batteur et d'électronicien, Simon Hénocq celui de guitariste et d'électronicien. Vallées est une traversée chaotique qui appelle à la transe bancale, tenue sur la longueur par des rythmes chahutés, rivalisant de contretemps et de déconstruction, où se mêlent basse menaçante et nappes instables. Les reliefs ne cessent d'évoluer, à une vitesse qui ne se dément pas jusqu'à la fin. Les faux départs se multiplient, les explosions réjouissantes nous éparpillent aux quatre coins de la pièce, sur un album à ranger dans un nouveau rayon : la noise groove. Pour entrevoir ce qui se répand sur ces Vallées, l'écoute intégrale de l'album est obliga-toire. En extraire un simple titre reviendrait à ne voir qu'une couleur chez Van Gogh. Le duo lorgne vers une forme d'abstract taillée dans la rouille ; les sonorités sont distordues, vachardes ; les motifs se délient, apparaissent, se bouclent quelques secondes, puis s'évaporent. Les quelques motifs de guitare nous projettent sur un dance-floor au parquet flottant avant de nous plonger dans l'obscurité. « Lighthouse » nous laisse croire à la lumière, mais nous traîne dans les décombres. La guitare apparaît plus clairement par endroits, mais elle est tellement malmenée, tellement lacérée, qu'elle ne devient qu'une part infime de cette lente et savoureuse déconstruction. Douze titres qui ne laissent pas le moindre répit, à quelques fenêtres de respiration près, vous emportent dans une transe chamanique et peuvent entraîner une danse désarticulée, comme un robot dont les circuits imprimés auraient fondu et qui perdrait le contrôle de ses mouvements. Genre Terminator en fin de vie qui tenterait le moonwalk pour nous faire croire que tout baigne. Oui, sous les sons désossés, crissant, à contresens, sous la patine du chaos et les étendues distordues, les vallées groovent méchamment.
Laurent NERZIC
Les Genevois de Tout Bleu réconcilient les contraires en musique
Le projet de Simone Aubert publie ce jeudi un troisième album, «You Are Tree». Un magnifique exemple d’expérimentation heureuse, verni le soir même au Rez-Usine
Original, on peut le devenir – c’est alors un choix conscient, celui de faire le bizarre. Mais on peut aussi l’être de manière immanente –, c’est alors la conséquence, collatérale et surtout bienvenue, d’une vision particulière. Cette poétique de l’accident sublime est au cœur de la musique de Tout Bleu, qui publie ce jeudi un nouveau disque, You Are Tree. Rappel: Tout Bleu est le projet de la multi-instrumentiste (batterie, guitare, chant…) genevoise Simone Aubert (Prix suisse de musique en 2024, et que l’on peut croiser dans d’autres formations du coin, de Massicot à Hyperculte), accompagnée de POL aux machines, Luciano Turella à l’alto et Beatriz Raimundo au violoncelle.
Un instrumentarium peu commun, pour une musique qui l’est tout autant. La première tentation serait de jouer la carte de l’hybride, et de dire qu’on retrouve en effet dans la musique du groupe des éléments issus du post-punk, du krautrock, de l’ambient, que l’on y observe un jeu de guitare lorgnant le blues du Ténéré (comme sur le magnifique Ce dit univers, pile d’énergie au milieu de l’album), des rythmes électros canal historique, une voix de pythie lessivée, des cordes qui adoptent les tropes de ce que les anglophones nomment modern classical […]
BPM – Bonnes Pulsations du Monde
Slovénie : le renouveau des musiques folk entre Europe centrale et Balkans
Publié le : 27/02/2026 - 16:10
Cette semaine, BPM vous emmène à Ljubljana, au cœur du MENT Festival, là où les traditions se réinventent et où les scènes indépendantes dialoguent au-delà des frontières. Avec aussi : une énergie hybride venue d’Afrique du Sud, de l'électro solidaire de l’Ukraine, le tsapiky incandescent du Sud-Ouest malgache et, dans « l’Histoire d’un live », une légende brésilienne, Antonio Carlos Jobim, qui fait tomber une pluie tropicale sur Montréal.
5/ BOBO & BEHAJA - "Kabosy", extrait de Aia Haja? (Maison Tempête - 2026)
Musiques d’Afrique : février 2026 en cinq albums
Journaliste print & web
2 mars 2026
Un mois placé sous le signe de Madagascar, avec deux sorties de « tsapiky ». Mais aussi des incursions du côté du Sénégal, de l’Algérie et du Maroc.
« Aia Haja ? », de Bobo & Behaja
Retour à Madagascar, toujours sur un air de tsapiky, avec un album qui a bien failli ne pas voir le jour.
Le groupe Bobo & Behaja a en effet dû entrer en studio sans l’équipement nécessaire : haut-parleurs à pavillon, amplificateurs de karaoké et pédales d'effets artisanales s’étaient égarés lors d’une correspondance aéroportuaire à Zurich. Le précieux matériel est finalement arrivé à Paris avec une semaine de retard, contraignant les musiciens à enregistrer les sept morceaux en seulement deux jours.
Le quintette s’articule autour de ses deux leaders éponymes : le Fançais Maxime Bobo, saxophoniste au sein des groupes Electric Vocuhila et Mitsaitsaiky, et le Malgache Behaja, prodige de la guitare électrique originaire de Sakaraha, dans le sud-ouest de l’île. Avec leur disque Aia Haja ?, ils contribuent à renouveler un genre en perpétuelle mutation, certes, mais jusqu’alors peu coutumier des cuivres. De cette alliance singulière entre cordes et pistons naît une énergie inédite, flirtant avec le rock et le free jazz.
7 titres, 49 mn / Maison Tempête / 20 février
New & Notable
Aia Haja?
by Bobo & Behaja
Terrific and gripping jazz with touches of Afrobeat in its leaping rhythms makes for a joyous ride.
She's Analog
March 3, 2026
No Longer, Not Yet
Carton, 2025
9/10
Listen to No Longer, Not Yet
This sophomore album from Italy’s She’s Analog treats us to 6 tracks of creative and improvised jazz sounds from 3 very exploratory minds.
“Tingle” starts the adventure with close attention to mood, as Giovanni Iacovella’s frisky drums and Stefano Calderano’s radiant guitar are used strategically, and “Narrow Pass” follows with waves of beauty thanks to the warm guitar, light drums and dreamy backdrop.
“Danse Macabre” and “Slow, Kick” land in the middle. The former carries an atypical rhythm that’s pretty and cinematic, while the latter benefits from Luca Sguera’s unpredictable keys that help cultivate a mood of mystery.
“Blu” exits, and it’s 18+ minutes of percussively strong bouts, light guitar, ethereal ebbs and a rare intimacy that’s reflective and sonically chilling.
Somewhere between jazz, post-rock, minimalism and electronica, every moment here is of intrigue and fascination.
Travels well with: Parquet- Sparkles & Mud; No Tongues- Ici
Tatiana Paris : thalle
Publié par Claudy Jalet le 23 janvier 2026
A la vue de cette pochette, j’ai immédiatement pensé à celle de « Still Life » de Van Der Graaf Generator. Ici aussi, c’est ce végétal sans racines, sans feuilles, nommé le thalle qui sert d’illustration et il est, finalement, une bonne évocation de la musique jouée par cet artiste. Tatiana Paris déploie ici son second volet sonore (après « Gibbon » en 2022). Un album de dix compositions, titrées sans majuscule, qui se déploient d’une traite pendant 45 minutes. Un étonnant voyage, parfois hirsute, sur lequel Tatiana joue de la guitare préparée, l’accompagne de synthèses modulaires, d’objets, d’un vieux « hertzian acousmonium » (un ancien enregistreur), d’un orgue, parfois d’un chant éthéré, auto-tuné. Cette musique cinématographique semble se mouvoir, se fondre dans le milieu sous-marin. On s’imagine les végétaux ondulant au rythme d’un courant liquide. On imagine une lente progression de notre être dans le monde aquatique (« thalle I »). Puis c’est une guitare acoustique, striée, qui accompagne la voix de Tatiana sur « canine ». Parfois, les sonorités sont perturbées, triturées. C’est alors de l’ambiant bruitiste qui surgit (« hibbon »). On accepte une sombre mélopée presqu’uniforme de huit minutes (« thalle II ») avant les délires dissonants, low-fi, mais assez fascinants de « grand duc ». C’est sur un décousu « salluit » qu’elle nous laisse, tout en y posant sa voix et en agissant de ses doigts sur nombre de boutons, qu’elle semble bidouiller en tous sens. De la « chanson française » réellement autre qu’Areski et Brigitte Fontaine doivent apprécier tout en se marrant, en se disant, qu’avec ce titre, ils ont fait des émules ! En essai de conclusion, je dirai : dans son ensemble, ce « thalle » se veut comme une suite parfois étrange de structures sonores, un peu bruitistes, un peu lumineuses, un peu caverneuses, ambiant, répétitives, au fil des ondulations du végétal et de son milieu. Une étrange déambulation musicale peut-être pas aussi fictive que nous pourrions le penser.
tangent mek must be one of those albums that will stay with me forever. It is not only exceptionally well-produced and well composed but beautifully assembled in terms of means and techniques and steered and manoeuvred excellently by the intuitive musical sense of Anouck Gethon, Anna-Kaisa Meklin and last but definitely not least Marina Tantanozi.
The whole album is a tale - it moves, strays, and has its own odds and ebbs but it stays on the line with compositional aspect and never goes beyond what was the main theme - a travel, a journey.
The music itself - stems from improvised sessions which then led towards more organised compositions, organised in terms of the three members of the project wanted to achieve.
The harmony of this album is like a medicine - some sort of perennial wisdom that bleeds through the phrases and the spoken word, and the phrases.
I have to remind myself that harmony is not necessarily a question of tonality - it is something that goes beyond purely metrical and musical language. This album embodies that.
It's rich in flavour you can just taste briefly - it opens up every time you listen to it in full.
A beautiful and a rare gem.
5 songs you need to hear this week
[…]
Bobo & Behaja: “parepare”
“parepare” goes all over the place and I’ve followed each thread to its end. This is the lead track on Bobo & Behaja’s new tape Aia Haja?, invented someplace between Budapest and Zurich and recorded using horn loudspeakers, karaoke amplifiers, and homemade pedals that “reproduce the sonorities of the bal-poussière ceremonies of southwest Madagascar.” Bobo & Behaja blend free jazz, garage rock, and tsapiky together, corking feral guitar lines with saxophone honks that strobe then spiral. On the topline, Ekaly’s vocal unspools like an instrument governed by its own chaos, while François Rosenfeld and Gérard Rakotoniaina’s half-staccato, half-anarchic rhythm section brightens the tune from below. These are Malagasy virtuosos bouncing off each other’s impulses. I’ve never heard anything like it. —Matt Mitchell